MS 0.1/7 D Ü on USC DE Max M. AUGUSTE LESOUEF Ja: 114 N 4 x = D _ : mÉ- PES js a) : Pl À À Axcrex Préeipexr De L& POCIÉTÉ FinéricaiNe Ds FRANCE j AMC LATENR .. pe ve Hommage affectueux de son collègue, v | LÉON DE ROSNY.. ee pl mw,,14 , MAT quote pr tel t | À RC CE DSP r à vé ALT 24 | gl ous lOE INETS æ rA LEE 7 Es : 3 ain \ : L | (TA à JE RODU - pen CTION \ nd à _ .d OR 7 " h Die NE A2 k Pr e ÿ ' : lrèt N car - 0 À \1 PI à: $ La! “ À > # | ni < \ 1 : 2 “ 5 Ÿ À à : ë 7 , ; J ’ . { - PE Fr j 2 ñ ’ L ; 1 AL 2e “a Q "et EPA] ’ Æ, 0 L te ? L EN LE : 4 f 9 € ” : , (} Fe 1] \ ‘ 3 Û “ 1 = | d À ’ à . , « “1% 1e , { 0 ‘ : tÊr Introduction 1 manuscrit américain, auquel j'ai donné le nom de Codex Peresianus, est un des quatre documents originaux en écriture hiératique de l'Amérique Centrale qui sont parvenus jusqu’à nous. Bien que dans un état déplorable de con- servation, il n’en est pas moïns très précieux pour les américanistes, car il représente probablement à lui seul toute la littérature d’une nation civiliste du Nouveau-Monde dans les temps antérieurs à Christophe Colomb. Deux reproductions de ce manuscrit ont déjà paru. La première consiste en épreuves photographiques collées sur bristol et publiées sans aucun texte explicatif, par ordre de M. Victor Duruy, alors ministre de l’Instruction publique; la seconde est une copie imprimée au moyen de l’autographie et insérée dans une de mes anciennes publications (1). (x) Archives paléographiques de l'Orient et de l'Amérique, Atlas. t. 1, pl. 117-142. CODEX -PERESIANUS — * 2 10 ne CODEX PERESIANUS. Les épreuves de la reproduction par la photogra- phie, d’ailleurs assez médiocres, ont le défaut d'avoir été disposées dans un ordre des plus inexacts qui rompt à chaque page la continuité des textes; elles ont, en outre, été faites sans tenir compte des couleurs qui, par les procédés ordinaires, ne laissent pas de traces sur les négatifs; de sorte qu'un cer- tain nombre de signes visibles sur l'original n'ont pas paru sur le papier. Malgré ces. inconvénients, l'édition, tirée à un très petit nombre d'exem- plaires, est devenue assez rare; ct, par moments, elle est absolument introuvable dans le commerce de la librairie. , La seconde reproduction, celle que j'ai donnée à mon tour à l’aide de la lithographie, il y a plus de quinze ans, est également fort imparfaite. Anté- rieure aux études spéciales que j'ai entreprises depuis lors pour tenter le déchiffrement des textes katou- niques, .je n'avais pas à cette époque les moyens de rectifier un certain nombre d'erreurs qu'il m'est aujourd’hui facile de constater dans une copie faite à vue d'œil. vue L'absence des couleurs, sur l’une et l’autre de ces deux reproductions, provoque, en outre, de fré- quentes incertitudes qu'il m'a semblé désirable de faire disparaître. Ces incertitudes sont d'autant plus fréquentes que les nombreux accidents du tissu sur lequel figurent le texte et les images produi- sent des traits noirs qui se confondent souvent, sur les épreuves photographiques, avec les caraa INTRODUCTION. IT tères hiératiques plus ou moins détériorés du ma- nuscrit. Je me suis donc décidé à publier une nouvelle édition de cet inappréciable monument de l'anti- quité indienne, édition pour laquelle je me suis servi d’un procédé que j'ai désigné sous le nom de nitrochromie. Ce procédé conserve le tracé même des épreuves photographiques, pour les parties colorées aussi bien que pour les parties noires, et exclut l'intervention de la main de l’homme qui, dans les chromolithographies ordinaires, est appelée à repasser à l'encre chacune des planches succes- sives qui doivent servir au tirage. Il est cependant des cas, assez rares d’ailleurs, où mon procédé s'est trouvé impuissant à lever toutes les difficultés. Je veux parler des endroits où se rencontrent des mots écrits en lettres européennes que j'ai le premier signalées sur quelques pages du Codex Peresianus où ils sont si peu apparents qu'ils avaient long- temps passé inaperçus. J'expliquerai plus loin ce que j'ai cru devoir faire pour obvier à cet incon- vénient. Dans les conditions où mon fac-similé se présente au bienveillant accueil des américanistes, il me paraît fournir des garanties suffisantes d’exactitude pour qu'on puisse en faire usage pour les tentatives les plus minutieuses de déchiffrement, sans avoir besoin de recourir à l'original. J'ajouterai que cet original, conservé au dé- partement des manuscrits de la Bibliothèque 12 CODEX PERESIANUS. Nationale de Paris, se détériore de jour en jour, au point qu'il est fort probable, qu'avant peu d'années, il ne présentera plus d’une manière reconnaissable des signes encore très apparents sur ma reproduction. nitrochromique. Je pos- sède, en effet, une copie à l’aquarelle de trois pages de ce manuscrit que j'ai faites peu après la fondation de la Société Américaine de France, c'est-à-dire en 1859. J’ai, en outre, deux épreuves photographiées qui ont été tirées pour moi, en 1868, à l’époque où le document en question se trouvait déposé dans le domicile personnel de Brasseur de Bourbourg. En comparant ces épreuves avec mes aquarelles et avec le manuscrit original tel qu'il existe aujourd’hui, on ne peut s'empêcher de recon- naître combien il était urgent de publier l'édition que je mets entre les mains des américanistes, et l’on m'approuvera sans doute de n'avoir pas attendu le moment fort incertain où j'aurais pu obtenir l’autorisation d'emporter chez moi le Codex Peresiunus, à l'effet de le photographier suivant un système absolument impraticable dans l'atelier ‘de la Bibliothèque Nationale. FE premiére question dont il est naturel de se préoccuper, lorsqu'il s'agit de reproduire un document de ce genre, est celle de savoir dans quel ordre il convient de disposer les pages et de les numéroter. Le système choisi dans la publication photographique du ministère del’Instruction publique est inadmissible (1) ;.et il n’était pas nécessaire pour comprendre ce qu’il avait de défectueux de faire une étude spéciale de la paléographie américaine. En effet, les manuscrits katouniques étant pliés en paravent, 2} n'est pas possible de les lire d'une façon suivie en ayant successivement sous les yeux le recto et le verso d’un même feuillet : il faut néces- sairement parcourir d'abord tous les rectos les uns après les autres, avant de pouvoir prendre connais- (1) M. "A. Pousse a fait erreur en prétendant qu'il y a lieu: de renverser le paravent du Codex Peresianus pour lire le verso. Il s’est fondé, pour s’exprimer ainsi, sur ce que j’ai dit du Codex Cortesianus; mais la disposition des deux manuscrits katouniques n’est pas la même. 14 CODEX PERESIANUS. sance de chacun des versos. Donc le verso d'une page numérotée 1, par exemple, ne saurait être 2 ; et si le manuscrit se compose de 11 feuillets comme le Codex Peresianus, le premier verso pourrait for-. mer tout au plus la page 12 de l'ouvrage. Examinons donc de quelle façon il convient de modifier la pagination faussement attribuée au do- ‘cument que nous publions. Tout d’abord comment sont disposés les rectos relativement aux werses. Dans le Codex Troano et dans le Codex Cartesianus, lorsqu‘on a fini de par- courir le recto du paravent, il faut le renverser sens dessus dessous, pour retrouver les pages du verso dans leur position régulière. Or, il n’en est pas ainsi dans le Codex Peresianus (1), où les versos sont disposés absolument dans le même sens que les rectos, ‘et où il n’est en conséquence pas néces- saire, pour continuer #a lecture, de renverser le ma- nuscrit la tête en bas quand il s’agit de le retourner. Avec la disposition que l’on rencontre dans le Codex Troano la question de l’ordre successif des feuillets est un peu simplifiée ; et c’est par le fait de cette disposition que j'ai pu établir de quelle façon il convenait de le rattacher au Codex Corte- sianus qui en est la continuation. Le point embarrassant à déterminer est celui de savoir de quel côté est le recto, et de quel coté est (1) Voy. À. Pousse, dans la Revue Orientale et Américaine, seconde série, t. IV. INTRODUCTION. 15 le verso. Dans le Codex Troano, on a cru recon- naitre une sorte de titre où de page initiale qui permettait de savoir ou était le commencement du texte. Il n’est pas possible aujourd’hui de main- tenir cette hypothèse; mais il reste évident que la prétendue page initiale est au moins le début d’une subdivision, d'une sorte de chapitre, et qu’à la suite il convient de lire une autre page de même appa- rence qui se rencontre dans le Codex Cortesianus. Rien de pareil ne se remarque dans le Codex Peresianus, et cela par une bien simple raison, c’est que ce manuscrit est incomplet par les deux bouts. Dans de telles conditions, il me parait imprudent de chercher à rattacher les rectos aux versos, et Je crois devoir les considérer comme formant deux parties distinctes et non con- sécutives du même livre. Pour faciliter les citations et éviter les erreurs qui pourraient résulter de l'emploi des mêmes chiffres, avec ou sans astérisque, comme on l'a fait jusqu'à présent, j'ai jugé préférable d'adopter une pagination continue ; maïs il est nécessaire qu’on n'oublie point qu’il n’en résulte nullement que la page 12 soit la suite de la page rI. Je eonsidère donc cette page 12 comme la continuation d’un texte qui se poursuit dès lors sans interruption jusqu'à la page 22, où l’on aurait tort d’ailleurs de chercher la fin du document hiératique dont nous avons à nous occuper ici. Sur quelques pages, on apercoit des lignes rouges 16 CODEX PERESIANUS. qui les divisent en deux ou trois compartiments distincts, comme cela se remarque dans la plus grande partie des deux manuscrits de Madrid. Ces compartiments ne se rencontrent toutelois que sur un petit nombre de feuillets du Codex Peresianus, et la plus grande variété y règne dans la dispo- sition des figures et dans celle des textes qui les accompagnent. Au point de vue matériel,-le Codex Peresianus ressemble aux trois autres manuscrits katouniques qui nous sont connus. Le tissu fibreux qui forme la substance des feuillets est recouvert d’unenduit blanc dont les éclats, survenus par la vétusté, produisent une légère saillie que nous nous sommes attachés à rendre sur notre fac-similé. C’est sur cet enduit que sont tracés les caractères et les images pour lesquels on a fait usage d’un nombre très restreint de couleurs peu brillantes et fortement rompues ; du noir, de l’ocre rouge, du brun et du vert. Ce sont aussi ces mêmes couleurs qui figurent dans le Codex Troano et dans le Codex Cortesianus. Le Codex de Dresde, au contraire, nous offre des mi- niatures richement enluminées et pour lesquelles on dû faire usage de toutes les nuances que l’on pouvait obtenir sur la palette des artistes indigènes. ll P:" les vingt-deux feuillets dont se compose actuellement le Codex Peresianus, il en est deux, le 1 et le 12°, qui sont à peu près complètement effacés. Les traces de l’enduit blanc et un petit nombre de caractères encore visibles, il y a quelques années, non-seulement au milieu, mais aux extré- mités supérieures et inférieures des feuillets, per- mettent néanmoins d'établir que ces deux feuillets ne différaient point des autres au point de vue de la disposition générale du texte et des figures, et qu'ils n’offraient rien de ce qui pourrait leur faire attribuer le caractère de titres ou de pages initiales. Au moment où le manuscrit est tombé entre mes mains, dans des circonstances que j'ai mentionnées ailleurs (1), rien ne garantissait les deux pages en question, si ce n'est un mauvais morceau de papier que l'humidité avait fait adhérer à la page (1) Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique de l’Amé- rique Centrale, édition in-89, p.25. CODEX. PERESIANUS — ? 18 CODEX PERESIANUS. 12, et qui ne s’en détacha pas sans emporter d'assez larges fragments d’enduit qu'on n’a malheureuse- . ment pas eu l'idée de conserver à cette époque dans le but peut-être impraticable, il est vrai, de cher- cher à les rétablir dans leur situation primitive. Sur la page 1, on apercevait distinctement le signe (one ahaw répété deux fois, et dans la partie supérieure un autre grand signe qui figure invariablement au même endroit dans toute la partie recto du manuscrit. TE Aus ME Malgré l'accident arrivé à la page 12, plusieurs si- gnes y étaient alors parfaitement reconnaissables. De leur nombre se trouvait encore les signes ES toujours tracés, à la même place. Il y avait en outre, au milieu du manuscrit, un fragment d’ancien papier espagnol sans doute, sur lequel on avait écrit à la plume quelques signes. katouniques. J'ai copié ce fragment de texte; mais jéprouve des doutes sur l'exactitude de ma copie, faite un peu à la hâte, et cela d'autant plus que je ne possédais pas alors les connaissances nécessaires pour donner à mon travail les, garanties désirables d'exactitude. J'ignore ce qu'a pu devenir ce petit papier ; mais il n’est pas impossible qu’on le retrouve un jour dans les liasses de documents espagnols- mexicains qui étaient réunis dans le même carton. À titre d'indication, J'ajouterai qu'aucun de ces. INTRODUCTION. z9 documents n'était relié et que la plupart m'ont paru en assez mauvais ctat. Ils étaient tous dépourvus de couverture pour les garantir: Enfin, il m'est venu récemment à la pensée que le fragment dont j'ai parlé ailleurs (1) et sur lequel se trouvait le nom de Perez, pouvait bien être le reste d’un feuillet déchiré du Codex Péresianus. Ma mémoire ne me rappelle rien d'assez précis à cet égard, pour que je puisse m'expritier d’une façon absolument affirmative. (Cette donnée concorde toutefois avec certains faits que j'aurai l’occasion d'établir tout à l'heure au sujet de l'ordre et de la pagination du manuscrit; et il n’y aurait rien d'étonnant que le possesseur d’un trésor de ce genre aït eu l’idée d’apposer sa signa- ture sur un dés feuillets extérieurs de l'ouvrage. On me pardonnera d'entrer dans des détails aussi minutieux : ces détails ne m'ont pas paru inutiles pour Corroborer mon système au sujet de l'étendue que devait avoir primitivement le Codex Peresianus et pour établir où et comment nous ne lé possédons plus que d’une manière incomplète. | Ainsi qu'il est facile de le constater, en jetant les yeux sur le recto, ce manuscrit, paginé comme je lai fait de 1 à 12, présente deux compartiments. Celui qui se trouve dans la partie supérieure des (1) Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique, p. 26. 20 CODEX PERESIANUS. pages, lequel ne mesure guëre qu'un tiers de l’étendue totale, nous offre invariablement une suite de personnages ou d’animaux assis sur le signe Tu N 4 Che auquel M. Bollaert a attribué la valeur de ahau et le sens de « roi, règne, époque» (1), évidemment à cause de sa ressemblance avec le signe cyclique qui se dit ahau. Quelques-uns des personnages en question ont le haut du corps ét la tête effacés. Ceux qui sont à peu près intacts res- semblent beaucoup à des figures analogues qu'on rencontre dans le Codex Troano et dans le Codex Cortesianus. L'un d'eux représente « un défunt », dont l’image se reconnaît aux cils inclinés M qui occupent la place des yeux (PL. 5). Ailleurs, l'individu assis tient dans la main, comme un: objet d’offrande, le signe de jour és kan, parti- cularité que nous retrouvons dans d’autres textes katouniques. Ce qui me porte à voir, en cette circonstance, un objet d’offrande dans le signe #an, ‘c'est d’abord l'attitude du personnage qui le tient entre ses mains, ensuite le fait que ce même signe #an figure, trois fois répété, sur un vase (1) Notamment dans le Codex Troano, pp. 29, 28, 7; 34*, 32", 22*, 14*, 13*, 12*; — et dansle Codex Cortesianus, pp. 6, 7; 10, 11, 16, 19, 20, 28, 35, 36, 37, 38. INTRODUCTION. 2T dans des scènes où il est bien difficile de ne pas reconnaître les cérémonies d’un sacrifice (1). Si j'ai cru devoir noter cette particularité, c’est parce qu’elle montre que si le Codex Peresianus n'appartient pas à la civilisation maya proprement dite, il ne saurait être rattaché qu’à une civilisation très étroitement liée à celle du principal état pré- colombien de la péninsule yucatèque (2). | wr-r uw E signe qui indique probablement l’idée de « chef » ou de « roi », se trouve le ##’x7 ou «lapin» (3), dont le rôle est considérable non seulement dans la mythologie de la région isthmique, mais aussi dans celle du Mexique où il figure parmi les lettres fondamentales du cycle ; etenfin le #oz ou « aigle » dont l’image se rencontre également dans l’écriture katounique (4). C’est probablement ce même oiseau qui apparaît au haut d’une scène d’offrande, où se trouve le vase surmonté des trois signes #an, bien que j'aie été tenté d’y voir l’image de l'oiseau sacré du dieu Cuculkan. Parmi les animaux assis sur le signe HOME) (1) Codex Troano, pp. 23-22; — Voy. aussi Codex Corte- sianus, p. 34. (2) On verra plus loin que tous les arguments qu’on a fait valoir contre l’origine maya du Codex Peresianus ne sont pas concluents, mais il en est quelques-uns dont il me semble désirable de tenir compte. (3) PLANCHES 4 et 5. À PLANCHE 3, — Vocabulaire de l'écriture hiératique yuca- tèque, n° 203. 22 CODEX PERESIANUS. À côté de ces personnages ou de ces animaux assis, et d’un bout à l’autre de la partie du Codex Peresianus dont je m'occupe en ce moment, figure le signe cyclique ie] ahau répété plusieurs fois dans la direction verticale et accompagné de notations numériques. Il me semble possible de reconnaître sur les pages en question une série qui peut être reconstituée de la manière suivante : LH UT IV) V IV VE IV IX | X | XI | XI IXHI Seulement pour obtenir ces 13 sections qui ré- pondent exactement au système des computations en usage chez les peuples de l'Amérique Centrale, il faut supposer l'existence de deux pages de plus que celles que nous possédons aujourd’hui (2). On . verra tout à l'heure, je l'espère, que ces deux pages ont nécessairement existé dans le Codex Peresianus (1) PLANCHE 6, , (2) M. Pousse,qui a écrit une notice d’ailleurs fort intéressante sur le Codex Peresianus (dans la Revue Orientale et Américaine, seconde série, t. V, p. 10), a entrevu la possibilité de constituer INTRODUCTION. 23 et qu'elles y formaient les pages XII et XIII du manuscrit. Aïnsi qu'on peut le remarquer, les chiffres de la seconde ligne sont inférieurs de 6 à ceux de la pre- mière, si ce n'est dans le cas où il résulterait de l'addition un chiffre plus élevé que 13, base de la computation cyclique. Par exemple : Page Il. SP RLO YO Al: 12 + 6—13 = 5 — IV. 8+6—13=1 et ainsi de suite. Les notations chiffrées du signe akaw, dans le compartiment supérieur du manuscrit, se rapportent donc incontestablement au système indien de la computation cyclique du temps. Dans la partie inférieure qui occupe les deux tiers de chaque page, se trouve un personnage en train de faire une offrande à un autre personnage, à un dieu sans doute, assis en face de lui. Celui qui fait l’offrande tient en main um espèce de masque dont la forme varie peu aux différents feuillets où il le tableau que je viens. de donner, maïs il s’est mépris sur l’ordre de succession des feuillets du manuscrit, de sort: qu’il a établi ce tableau à l'envers ; en outre, faute d’avoir reconnu qu’il manquait 2 feuillets au document, il n’a pu réunir les colonnes qui justifient leur présence dans un livre consacré aux cérémonies des périodes cycliques. 24 CODEX PERESIANUS. paraît successivement (1). Au milieu de la scène, on voit, mêlés au dessin, divers caractères cycliques aujourd’hui bien connus mais dont le rôle à pareille place n’a pas encore été expliqué. Ces signes sont toujours kan ou ahau, L'oiseau ele] que Jai déjà eu l'occasion de signaler figure dans la plupart des scènes, mais sa forme n’est pas toujours la même, et une fois il est représenté avec une face humaine (2). Entre les deux personnages que je viens de men- tionner, 1l existe sur toutes les pages le caractère ahaw accompagné d'un signe numérique. Ce signe numérique n’est bien conservé ‘que sur la page 3 où il occupe une place au haut de la scène 00 LEE = 13); sur la page 4 où il est tracé près O du genou de la divinité assise (FES 11); et sur la page 5 où on le trouve placé à peu près de la & & même façon (8 —9=9). M. Pousse, qui a LES eu le mérite de constater ces trois notations numé- riques, en a conclu avec raison qu'il y avait là des (1) PLANCHE 6. (2) Pousse, dans la Revue Orientale et Américaine, libr. cit. D-112. INTRODUCTION. 25 traces de la série des 13 ahaw ou périodes de 20 ans, dont l’ensemble constituait un a%au-katoun ou grand cycle de 260 ans, en usage chez tous les peuples de l'Amérique Centrale. Malheureusement, la fausse idée qu'il s'est faite de la succession des pages dans le Codex Peresianus Va conduit à dire que cette notation des ahaw indiquait le même comput que nous a fait connaître notamment Diego de Landa, « mais dans un ordre inverse », et il a cherché à s'expliquer cetteparticularité quidérangeait ses raisonnements. [Il n’a pas consenti à voir là un argument pour lire cette partie du Codex Peresianus de droite à gauche, ce qui aurait levé la difficulté ; et cela, a-t-il dit, parce que « les « caractères qui représentent des figures humaines « ont tous le profil tourné vers la gauche, ce qui, « suivant l'observation absolument exacte de M. de « Rosny défermine d'une façon formelle le sens « dans lequel les textes doivent être lus » (1). Avec beaucoup de raison, il s'est refusé à admettre une exception au principe que j'ai eu l'initiative d'e- tablir, et il a préféré se demander « si cette di- vergence ne provenait pas de ce que le Codex « Peresianus nous donne, non pas le système LAS À « maya de computation de ahau, mais le système adopté par un peuple voisin qui, tout en emplo- PS (1) Dans la Revue orientale el américaine, 2° série, t. V, p.15. CODEX PERESIANUS — * 4 [#2 a CODEX PERESIANUS. « yant le même cycle, n’en rangeait pas les pé- « riodes dans le même ordre » (1). Le mode de pagination que j'ai choisi pour les feuillets du Codex Peresianus, mode que M. Pousse n’a pas reconnu, nous montre qu'il est inutile de se préoccuper de son hypothèse, et que la. succession des signes cycliques y est parfaitement conforme aux données de Diego de Eanda sur le comput de années yucatèques. La rectification que je signale ici a l'avantage, en outre, de démontrer une fois de plus comment, avec une méthode prudente, les er- reurs inévitables des américanistes, dans le travail si pénible et si difficile du déchiffrement des textes katouniques, ne peuvent pas les entraîner longtemps dans une voie fausse et sans issue. Cette méthode que je me suis efforcé de faire prévaloir dans mon Essai de 1876, et dont plusieurs américanistes au- torisés, notamment MM. Pousse et Cÿrus Thomas, ont su tirer unsi excellent parti, maintient, je erois, la paléographie américaine sur un terrain aussi solide que possible : elle ne produit des résultats qu'avec une extrême lenteur, mais ces résultats sont défi- nitivement acquis à la science ; êt l'on sait aujour- Y'hui ce qu'il reste des recherches de Brasseur de Bourbourg et de plusieurs autres savants qui ont eu l'ambition d'aboutir, dès leurs premiers pas, à des (1) Revue orientale et américaine, t. V, p.15. INTRODUCTION. 27} acquisitions brillantes et de nature à frapper - l'ima- gination des personnes étrangères à ce genre de recherches. Avec la méthode que je préconise, les américanistes sérieux sont tous solidaires les uns des autres : ils recueillent la moisson grain à grain, mais les grains qu'ils ramassent sont presque toujours substantiels. Je pense que les indications que je pré- sente ici sur le Codex Peresianus ne sont pas inutiles à ceux qui se proposent de faire une étude spéciale de ce manuscrit ; maïs ces indications, je n'ai pu les fournir qu'en me servant des travaux des américanistes auxquels je me suis fait tout à l'heure un devoir de rendre hommage avant de pénétrer plus avant dans le sujet qui fait l’ebjet de cette introduction. Il résulte de ce qui précède, que le Codex Pere. szanus est incomplet d’un feuillet, et que ce feuillet existait originairement après celui que j'ai numéroté 12. De la sorte, il faut admettre une page 13 qui com- plétait évidemment le texte du recto, et derrière cette page, une page 14 qui était la première du verso du paravent. Ces deux pages étant perdues ne figurent naturellement pas dans ma reproduction, mais il m'a paru nécessaire d'en conserver le souvenir en donnant le chiffre 15 à ce qu’on aurait pu considé- rer comme le point de départ du paravent au verso, sans les explications que je viens de fournir. L'ordre des TREIZE feuillets qui constituaient pri- 28 CODEX PERESIANUS. mitivement le Codex Peresianus désormais constaté, je me propose de réunir sur ce manuscrit quelques renseignements dont les américanistes apprécieront peut-être l’opportunité. NULS ne particularité remarquable qui distingue le Codex Perestanus des trois autres manuscrits katouniques connus jusqu'à ce jour, est la pré- sence, sur plusieurs feuillets, d’annotations an- ciennes en caractères européens. Ces annotations sont en grande partie effacées, et ce qui en reste est si peu visible que Brasseur de Bourbourg et les autres américanistes qui ont étudié le précieux do- cument de la Bibliothèque Nationale de Paris ne se sont pas même aperçu de leur présence. J'ai été le premier à les reconnaître, et j'ai publié l’une d’entre elles, la plus importante jusqu’à présent, dans un travail édité en 1876 (1). L'inscription en lettres européennes que j'ai mise ainsi en lumière a attiré l'attention de (x) Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique de l'Amérique Centrale, édition in-folio, planche var. 30 CODEX PERESTANUS. M. Pousse et lui a donné l'occasion d2 croire que le Codex Perestanus n’était pas composé en langue maya, comme les deux manuscrits katou- niques de Madrid, mais en langue tzendale, qui est un dialecte du chiapanèque (1). Voici en quels termes s'exprime à ce sujet le très regretté américaniste : « Sur la page 10 verso (2), les annotations se présentent en deux endroits : premièrement entre 9 ben et 13 ben, et secondement entre 13 ex et 4 ben. La première de ces annotations se lit : Agual aud.....; la seconde, Conomaviadt...c.…. (3). « Constatons que ces annotations ne sont pas rédigées en espagnol, comme on aurait pu s'y attendre, et que les mots qui les composent appar- tiennent à un idiome parlé par un des peuples in- (1) A. Pousse, dans la Revue orientale et américaine, 2° série, t. V,p, 31. (Voy. cependant les objections de M: Perrin, dans les Archives de la Société Américaine de France, 2e série, 1887, t. V,p. 90). — Dès 1876, j'avais fait observer que le style graphique du Codex Peresianus présentait quelques différences avec celui du Codex Troano et du Codex Cortesianus. Je considère surtout le Codex Dresdensis comme un document étranger aux autres manuscrits katouniques qui nous sont connus (Voy. mon Essai sur le déchiffrement, etc., et dans les Archives de la Société Américaine de France, 2° sèrie, t. Il, p. 237) (2) Suivant la pagination défectueuse de lédition photogra- phique publiée par le ministre de l’instruction publique, ou sur la page 19 de la présente édition (PI. vi de mon Essai sur le déchiffrement, etc., in-fol., et de la traduction espagnole de D. Juan d: Dios de la Rada y Delgado). (3) Tels étaient, du moins, les mots que j'avais cru pouvoirlire en 1876,etque M. Pousse a pensé devoir reproduireidentiquement. INTRODUCTION. 31 digènes de l'Amérique Centrale. En effet, le pre- mier mot, agwal est le nombre du 29° jour de la semaine dans le calendrier des peuples du Chiapa. « Remarquons que, dans le calendrier chia- panèque, Aghual où Agual correspond au jour Ahau du calendrier Maya. Or ce jour ahau servait de signe de notation pour la période de 20 ans, et nous avons vu que le Codex Peresianus traite tout au long de cette période et du grand cycle qu’elle sert à former. Par suite, comme il est assez naturel de supposer que les annotations qui figurent sur un manuscrit se rapportent à son contenu, on peut admettre avec vraisemblance que le mot agual commençait une phrase contenant une remarque sur le cycle de 260 ans ou sur les périodes qui le composent. D'autre part, dès l'instant que l’anno- tateur ne s’est pas servi de la langue espagnole, mais d’un idiome américain, ilest non moins vrai- semblable d'admettre qu'il a employé la langue même dans laquelle est rédigé le manuscrit original. Nous sommes donc conduits à considérer le Codex Peresianus comme renfermant une partie du calen- drier des peuples du Chapas, et les textes Mératiques qui y figurent comme rédigés dans la langue de ce peuple, c'est-à-dire en tzendal. « Une autre considération vient à l’appui de cette manière de voir. J'ai déjà fait remarquer que les. 32 CODEX PERESIANUS. pages n° 10 verso et n° 11 recto (1) présentent un mode de notation des années au moyen de quatre signes de jours différents de ceux employés au Yucatan. Si nous consultons Humboldt (Sz£es des Cordillières, Monuments des peuples indigènes de l'Amérique, note du chap. vi), il nous apprend que les quatre signes de jours, au moyen desquels les habitants du Chiapas établissaient la computation de leurs‘années, étaient Vofan, — Lamat, — Been, — :Chinax. Or ces quatre signes correspondent précisément, dans la série des vingt jours de la semaine, aux signes de jours A#ba/, Lambat, Ben et Æzanab des Mayas que j'ai reconnus comme étant employés à la notation des années. Dès lors, les deux caractères qui figurent sur ces mêmes pages du manuscrit de Paris ne devront pas se lire Bez et Akbal, mais Been-et Votan. — Des -remarques qui précèdent, je crois pouvoir conclure que le Codex Peresianus est un fragment du calendrier des peuples du Chiapas et qu’2/ doit ‘étre interprété au moyen de la langue Tzendales (2). Il ya, je crois, plusieurs objections à faire au raisonnement de M. Pousse : on jugera dans quelle mesure elles peuvent ébranler les bases de son ‘ingénieuse hypothèse. Je me permettrai (1) Pages 19 et 20 de la présente édition. (2) Revue orientale el américaine, 2° série, -t. V, p. 31-32. INTRODUCTION. 33 donc quelques courtes remarques qui me semblent d'autant plus opportunes que M. Pousse, au lieu de recourir à l'original, n’a accompli son travail que sur ma première copie chromolithographique qui ne pouvait avoir la rigoureuse exactitude de la re- production héliographique que je publie aujour- d'hui (1). J'ai employé en outre, comme on le verra plus loin, des procédés qui m'ont permis. de re- connaître CINQ LIGNES. distinctes de lettres eu- ropéennes, là où je n’en avais vu que deux tout d'abord, et j'ai pu mettre en lumière les lettres qu’elles renferment d’une façon qu'on jugera (1) Dans la copie chromolithographique que j'ai publiée en 1876 (Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique de l'Amérique Centrale, planche vu), j'avais indiqué d’une façon à peine visible, et telle qu’elle m’apparaissait, l'inscription en lettres latines qui a préoccupé M. Pousse, à peu près comme je l'avais fait en 1872 (Archives paléographiques de l'Orient et de l'Amérique, t. [, Atlas, pl. 126) où l’on voit quelques légères traces d’une des notes européennes en quastion. Le lithographe, chargé du tirage de la planche, et trouvant cette inscription trop peu apparente, fit acte de zéle mal placé en rétouchant à la plume les lettres qu’elle renfermait, sans tenir compte de mon bon à tirer. J'aurais bien voulu faire recommencer le tirage, mais je dus y renoncer pour éviter une augmentation de frais que mon éditeur ne consentait pas à supporter. Je regrette vive- ment que cette circonstance ait motivé la théorie inacceptable de M. Pousse, tout en faisant observer que son erreur est peu pardonnable ; car, du moment où il habitait Paris, il était de son devoir de recourir à l'original conservé à la Bibliothèque de la rue Richelieu, et de ne pas demander à une copie à Ka main l'exactitude presque toujours impossible en pareil cas, et qu'on ne peut être sûr de rencontrer que dans un fac-similé héliographique. CODEX PERESIANUS — *, $ 34 CODEX PERESIANUS. je l'espère , aussi satisfaisante que possible (1} Avant de revenir sur ces inscriptions en caractères latins, il ne me paraît pas cependant inutile de discuter les idées que le savant américaniste a énoncées à leur égard. M. Pousse croit trouver dans le Codex Peresianus un fragment de calendrier. Je pense, moi, qu'on y rencontre un calendrier tout entier, à la condition cependant de tenir compte des deux pages qui ont été égarées. Les feuillets 19 et 20, qui nous four- nissent la computation basée sur deux des quatre signes fondamentaux du calendrier, pourraient seuls donner une certaine vraisemblance à la manière de voir du savant américaniste ; mais il est hors de doute que ces deux feuillets n’ont jamais été accom- pagnés de deux autres feuillets analogues pour les signes Lamat et Chinax. Il reste donc là encore une énigme à expliquer. | . J'ajouterai qu’il ne suffirait pas d’avoir reconnu un mot chiapanèque dans les annotations en lettres européennes du Codex Peresianus pour en conclure que « ces annotations ne sont pas rédigées en espa- gnol, comme on aurait pu s’y attendre». Un philo- logue qui mettrait sur un document katounique des notes explicatives en français, par exemple, pourrait fort bien y introduire çà et là des mots américains, (1) Voy. la PLANCHE A. Codex Peresianus. Hého.et Imp.Lemersier etC'$ Paris. INSCRIPTIONS "EN LETTRES EUROPÉENNES du feuillet 19 (Grandissement héliographique) C INTRODUCTION. 35 sans que pour cela il ait écrit ses observations dans une langue indienne. Les autres mots en lettres européennes, dont on aperçoit des vestiges sur le manuscrit de Paris, rappellent plutôt des mots cas-. tillans que des mots étrangers ; et le mot lui-même que M. Pousse considère comme chiapanèque n me paraît incontestablement espagnol (1). Les traces d’ écriture latine que j'ai pu. constater sur le Codex Peresianus figurent sur trois: feuillets de ce manuscrit. La première nous donne des fragments de deux lignes de caractères cursifs, tracés en encre de cou- leur brune dans la partie supérieure du feuillet. c7 entre odeur signes CCR ahau pl ont été bien conservés. Dans la première dé: cés Hits seu- lement, quelques lettres sont faciles à reconnaître ;: mais il demeure douteux à quel mot elles peuvent: appartenir. Il semble qu'on y lit Miguel (PP). La seconde tracé d’é criture se distingue à peine (1) Pour ne laisser subsister aucun doute à cet “Eaid, j'ai donné, sur ma planche A, le grandissement de là partie du: feuillet 19 où apparaissent des lettres européennes. Il me parait. impossible d'y lire le mot agual, etje crois y reconnaitre les mots espagnols el qual...….… “MM. Léopold Delisle, Anatole de : Montaiglon et Morel Fatio, que j'ai consultés à cet égard, ont bien voulu me confirmer dans cette pensée. Suivant ce dernier savant, l'écriture des annotations européennes du Codex Pere-: sianus semble se rapporter plutôt à la deuxième moitié du. XVE siècle qu’à la première. 36 CODEX PERESIANUS. dans la partie inférieure du feuillet 15, au point qu'on demeure dans le doute si l’on peut être sûr d'en bien déchiffrer une seule lettre, La troisième enfin, celle qui a préoccupé M. Pousse, apparaît en ocre rouge pâle sur le feuillet 19 du manuscrit. Lorsque j'ai publié pour la pre- mière fois un fac-similé en couleurs de ce curieux feuillet, je n'avais aperçu, comme je l'ai dit, des indices de caractères latins que dans deux endroits de cette page où l’on voit répété successivement le même signe Be (been des Mayas), avec des notations numériques différentes. Depuis lors j'ai constaté que d’autres signes européens existaient encore sur la partie peinte en ocre rouge foncé : mais que ces signes, tracés en encre noire-brune, n'étaient visibles qu’à la condition de faire miroiterle manuscrit d’une certaine façon du côté de la lumière. Je n’espérais pas pouvoir reproduire cette particu- larité dans le fac-similé nitrochromique que je publie aujourd'hui. Grâce au concours de M. Théophile Fillon, qui a bien voulu photographier cette page sur une plaque de verre préparée d’une façon spéciale, ma copie rend absolument le phénomène d'optique que je viens de signaler, et l'inscription sur la partie rouge d’ocre peut être retrouvée absolument comme sur l'original. Je souhaite que ce résultat photographique serve au progrès des INTRODUCTION. 37 études de paléographie américaine, La lecture, en cet endroit, d’un mot de plus en écriture européenne pourrait peut-être nous apporter une révélation, bien que je ne conserve que de faibles espérances à cet égard. J'ajouterai cependant quelques mots au sujet de l'emploi proposé de Ja langue TZENDALE pour la lecture et l'interprétation du Codex Peresianus. Nous ne possédons que de très rares documents relatifs à la langue tzendale; mais s'il avait été établi qu’elle doive servir au déchiffrement du manuscrit katounique de Paris, je ne doute pas que des recherches assidues dans les collections publiques et particulières n'aient mis au jour plu- sieurs des livres qui ont èté composés sur sa gram- maire et même sur son vocabulaire, par d’anciens auteurs espagnols dont les ouvrages n’ont pas été retrouvés jusqu’à présent, Dans l'Æssez publié en 1876 sur l'écriture Ka- tounique, j'ai établi, je crois, que les manuscrits hiératiques de l’Amérique étaient écrits dans un sys- tème graphique spécial comprenant tout à la fois des signes figuratifs et idéographiques et des signes phonétiques. J'ai également admis en principe la polyphonie comme moyen de lecture des signes de la première espèce : « On désigne sous le nom de « caractères polyphones » des signes figuratifs ou 38 CODEX PERESIANUS. idéographiques qui peuvent être lus ou prononcés de plusieurs manières différentes. La polyphonie se rencontre non-seulement en maya, mais dans di- vers systèmes d’écritures connus de l’ancien monde, notamment dans l’ancienne écriture cunéiforme et dans l'écriture actuellement employée chez les Japonais (1) ». À en juger par ce que nous savons des divers systèmesgraphiques usités dans l’antiquité et dans les temps modernes, elle n'existe que chez des peuples qui ont emprunté à une nation voisine un système d'écriture qui leur manquait et qu'ils a- vaient besoin d’approprier au génie particulier deleur langue nationale. L'écriture chinoise, par exemple, a été adoptée par les Japonais, par les Caréens et par les Annamites, mais non point sans subir cer- taines modifications, parmi lesquelles la polypho- nie était la plus nécessaire, la plus indispensable. Supposons, par exemple, que nous ayons fait usage pour écrire le mot « cheval », de l'image de cet animal / M. Quand nous verrons cette « image dans un texte, nous la lirons le plus souvent CHEVAL, .mais parfois aussi « coursier, cavale, (1) Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique de l.Amé- rique Centrale, dans les Archives de la Société Américaine de France, 2° série, t. I, P, 276. INTRODUCTION. 39 poulain, étalon », etc. Voici un premier cas de polyphonie. Si cette image vient à être adoptée comme moyen graphique par des peuples parlant des idiomes étrangers, le même signe sera naturellement lu d'une manière différente suivant les contrées où il aura été mis en usage. Les Anglais le liront horse, les Allemands Pferd, les Espagnols caballo, les Latins eguus, les Grecs mn, les Chinois ma, les Japonais #wma, les Mayas #simin (tapir), etes Il en est ainsi de nos chiffres qui ont une forme identique chez tous les peuples européens, mais qui ne se lisent pas de la même façon chez les uns et chez les autres. Voilà un second cas de polyphonie. On voit, par ce qui précède, que la polyphonie existe dans des contrées voisines les unes des autres, qui ont toutes également subi l'influence d’un foyer civilisateur et qui lui ont emprunté l’art de fixer la pensée au moyen des signes de l'écriture. Or, il est très probable que tel était le cas dans les diverses régions de l'Amérique Centrale où nous retrouvons d’ailleurs de nombreuses traces d’une civilisation unique à bien des égards. S'il en a été ainsi, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que l'écriture dite « Katounique » ait servi à des peuples différents et que ceux-ci aient fait usage de la polyphonie pour rendre plus facile l'adaptation du système graphique 40 CODEX PERESIANUS. général à l’idiome ou dialecte particulier de chacun d'entre eux. Examinons maintenant dans quelle mesure le Codex Peresianus, auquel M. Pousse attribue une origine tzendale, nous présente un exemple, — le premier connu, — de l'adaptation des caractères katouniques à un idiome étranger au maya. Si les textes katouniques ne renfermaient que des signes figuratifs ou idéographiques, il n’y aurait rien de grave à objecter à la thèse du zélé américa- niste; mais nous savons que ces textes comprennent également des caractères phonétiques. Or, ces signes phonétiques nous fournissent, dans le Codex Pere- sianus, des mots absolument identiques à ceux que nous rencontrons dans le Codex Troano et dans le Codex Cortesianus. 1] semble donc difficile, pour ne pas dire impossible, d'admettre que de tels mots, écrits en lettres phonétiques, aient servi simultané- ment chez des peuples qui parlaient des idiomes différents. Le Tzendal, par exemple, ou du moins le Chiapanèque,— autant qu'on en peut juger par le peu de renseignements que nous possédons, — n'a d'affinités avec aucune langue de l'Amérique Cen- trale, si ce n’est avec celle des Dririas du Nicara- gua. Comment expliquer qu'ils aient fait usage dans leurs livres d’un grand nombre de signes qui né leur fournissaient rien autre chose que des mots INTRODUCTION. 4T mayas ? — Je regrette, ici encore, d'apporter un résultat négatif dans le champ de nos études où nous avons tant de peine à réunir quelques données positives ; mais je ne saurais trop répéter cette parole d’Abel-Rémusat : « Diminuer le champ de l'erreur, c’est agrandir celui de la vérité ». J'ai dit que le style graphique du Codex Pere- stanus présentait quelques dissemblances avec celui du Codex Troano et du Codex Cortesianus. Ces dissemblances sont d’ailleurs peu importantes. Les lettres du document conservé à Paris sont plus petites et moins grasses que celles des deux manuscrits de Madrid; mais elles offrent cette par- ticularité remarquable qu’elles sont tracées de façon à être lues tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche, ce dont nous ne connaissions pas d'autre exemple jusqu’à présent. J'ai signalé éga- lement ce fait que le Codex Perestanus nous montrait les pages disposées dans le même sens au recto et au verso, tandis que le contraire caractérisait les deux autres textes hiératiques que j'ai cités tout à l'heure. Un examen plus minutieux de ces divers manuscrits nous révèle, cependant, d’autres diffé- rences qui doivent fixer l'attention des paléographes. (1) Orozco y Berra, Geografia de las lenguas de Mexico, p. Go; Brasseur de Bourbourg, ‘ubliothèque Mexico-Guatémalienne, p. 5; Fray Juan de Albornoz, Arte de la lengua Chiapaneca, P: 5: CODEX PERESIANUS. 6 42 CODEX PERESIANUS. La majorité des caractères katouniques usités dans les uns et dans les autres est identique; les signes du calendrier sont notamment les mêmes. Néan- moins, si l’on procède à l'inventaire des groupes employés dans le Codex Peresianus et qui ne se rencontrent pas dans les manuscrits conservés en Espagne, on s'aperçoit que leur nombre est assez considérable. Dans une liste que j'ai dressée pour faciliter mes recherches, je n’en ai pas compté moins de 71. J'ai constaté, en outre, que des groupes d'un emploi continuel dans le manuscrit de Paris étaient au contraire fort rares dans les deux manuscrits de Madrid. Rues F Le groupe & 4, figure par exemple, plu- sieurs fois à la même place sur toutes les pages du recto du Codex Peresianus (1) tandis que je ne l'ai reconnu que quatre fois dans le Codex Troano et dans le Codex Cortesianus. Ce groupe et un autre SL) qui n’en diffère que par la partie SEL EEE inférieure, n’ont malheureusement pas encore été déchiffrés ; et l'interprétation du premier est com- pliquée par ce fait que le mot qui le précède est partout effacé dans le Codex Peresianus. Je le (1) Dans 37 endroits différents. INTRODUCTION. 43 regrette d'autant plus que, si sa valeur était établie, nous pourrions aussitôt déchiffrer plusieurs phrases entières qui jetteraient certainement un grand jour sur le problème qui nous occupe. Le mode de composition des groupes de signes est d’ailleurs le même dans les quatre manuscrits découverts jusqu’à ce jour ; et, dans les uns et les autres, nous constatons la présence de signes renversés, tels que 6) et Gr) . Nous y voyons également usités des signes additionnels, qui jouent, je crois, près des groupes katouniques, le rôle d’adjectifs possessifs et peut-être aussi quelque fois celui de pronoms, tels que É C, Ê É LP © to) EtC: Le Codex Peresianus renferme, en outre, un certain nombre de caractères évidemment figuratifs qui n'apparaissent pas, sous la même forme du moins, dans les autres manuscrits katouniques. On y rencontre, enfin, quelques exemples de détermi- natifs spécifiques combinés avec des signes complé- mentaires que je n'avais pas eu l'occasion d’enre- gistrer en faisant le catalogue des signes contenus dans les deux manuscrits du Musée de Madrid. Le déterminatif | « hache», aujourd’hui bien connu, 44 CODEX PERESIANUS. y apparaît notamment dans un groupe nouveau (p. 2) qui reste encore à interpréter. IV L* conquêtes de l’érudition sur le terrain de la paléographie katounique sont évidemment d’une fâcheuse lenteur; mais il était impossible qu'il en fut autrement dans les conditions où s'accomplit le travail des américanistes. Nous devons nous trouver satisfaits de voir que, par la méthode prudente dont nous avons soutenu la nécessité, le déchiffrement de l'écriture hiératique du Yucatan ne cesse point de faire des pas en avant, et nous aurions tort de perdre courage parce que le nombre de ces pas est encore peu sensible. Les procédés des savants qui prétendaient arriver tout d’un coup à lire des textes étendus, à inter- prêter des scènes de personnages, à lire des noms propres, sont définitivement condamnés. La meil- leure preuve que ces procédés étaient mauvais, c’est qu'avec leur emploi, on n'a pas été à même de 46 CODEX PERÉSIANUS. proposer une interprétation nouvelle pendant une période de plusieurs années. Par la méthode rigoureuse, mais peu rapide, que j'ai préconisée, la situation des paléographes n’a pas cessé de s'améliorer. Nous possédions les don- nées premières relatives au système graphique de numération des Mayas, mais nous ne pouvions lire sûrement aucun nombre supérieur à 19. Le signe ©). qui représente le chiffre 20, est aujourd’hui connu d’une façon indiscutable (1) et ce signe n’est pas celui qu'avait indiqué Brasseur de Bourbourg ou qu'ont cru découvrir les adeptes de sa manière de procéder (2). Un autre résultat, minime en apparence, mais d'une utilité réelle, c’est la connaissance de tout le matériel des signes qui se rencontrent dans les manuscrits katouniques. Les américanistes sérieux ont tous rédigé cet inventaire pour leur usage, et il eût été impossible de l’entreprendre il y a quelques années, alors qu'on ne savait pas à quoi s’en tenir sur les éléments constitutifs de l’écriture hiératique S La valeur de ce signe a été établie par M. Pousse. 2) Je crois être sur la trace de deux nouvelles interpréta- tions de signes de numération katounique; mais, avant de les publier, il faudrait accomplir un assez long travail de vérification. Dans le cas où je ne pourrais me livrer moi-même à ce travail, j'en laisserai le soin à l’un des élèves du cours d'archéologie print qui m'a été confié récemment à l’École des Hautes- tudes. INTRODUCTION. 47 de l'Amérique Centrale et sur les variantes des mêmes signes dont on a fait usage dans les manuscrits. Grâce aux progrès réalisés dans cette direction, on pourrait aujourd'hui publier en types mobiles les quatre documents katouniques dont les fac- similés sont désormais entre les mains de tous les travailleurs ; et, de la sorte, on nous fournirait des textes beaucoup plus complets et d’une lecture plus facile que les copies exactes des originaux dont, seules, nous pouvons nous servir quant à présent. Les mayaïstes savent désormais dans quelle large proportion il serait possible d'opérer sûrement des restitutions de signes et parfois même de formules entières dont il reste à peine de traces sur les manuscrits qui sont parvenus jusqu’à nous. Ce travail de restitution est peut-être celui dont il y aurait le plus d'avantages à s'occuper, dans la période actuelle du déchiffrement des caractères yucatèques. Parmi ces restitutions, il en est quelques-unes qu'on pourrait opérer avec sûreté sans avoir pour cela à accomplir une somme bien considérable de recherches préparatoires; d’autres, au contraire, devraient être soigneusement discutées. Je com- prendrais, par exemple, des éditions des quatre manuscrits katouniques dans lesquelles on repro- duirait le texte indigène avec des encres de trois couleurs : le noir nous donnerait l’état actuel de 48 CODEX PERESIANUS. conservation de chaque document; le bleu indi- querait les additions jugées incontestables ; le rouge, signalerait les restitutions douteuses ou dé nature à provoquer la critique des savants autorisés. Les auteurs de ces nouvelles éditions devraient en outre adopter pour chaque signe la forme la plus correcte, et remplacer par des caractères réguliers ceux qui ont été tracés d’une manière incomplète ou fautive par les hiérogrammates de l'Amérique Centrale. On trouvera peut-être exorbitante la pensée que j'exprime de poursuivre de la sorte l’œuvre du dé- chiffrement de l'écriture hiératique de l'antiquité américaine. Il ne faut cependant pas oublier que des travaux analogues ont été entrepris pour d’au- tres branches de la paléographie, où les éléments d'étude étaient cependant plus nombreux et où les découvertes des savants étaient secondées par la possession de textes bilingues ou trilingues. Ceux qui savent exactement à quoi s’en tenir au sujet des ressources mises actuellement à la dispo” sition des américanistes pour résoudre le grand problème de l'écriture sacrée de la région inter- océanique du Nouveau-Monde, ne trouveront certai- nement pas d’exagération dans la multiplicité des études préparatoires auxquelles je fais allusion. Il y a seulement une dizaine d'années, on eut pu dire que detelles recherches étaient inutiles, que l'énigme INTRODUCTION. 49 paléographique qui nous préoccupe ne pourrait jamais être expliquée avec les ressources insuffi- santes dont nous devons faire usage. Je ne crois pas que ce soit aujourdhui l'opinion des archéologues et des linguistes qui ont acquis une juste réputation dans ces études. Ce qui manque bien plus que les instruments de travail, ce sont les travailleurs. Il suffirait au besoin, pour le prouver, de dire que jusqu’à présent l'écriture lératique de l'Amérique Centrale a seule été étu- diée avec zèle, et que l'écriture Ltéroglyphique, dont il existe de si précieux monuments iné- dits ou mal publiés, n’a pas encore été l’objet d’une seule tentative laborieuse d'examen et d’interpréta- tion. CODEX PERESIANUS. ::1 5 à) A Le: AIRE RENE à PAR SRMNE x l + ne NU MU L'ASIE PMU roi GS L | MAN TVTaE ss LoENge au vid En TE : DR M UN L vi ARE ACL Rule LI IEEE ST 0: sn thin) Ait RES SUV LRNEE | Légion. EAN EAN EL RSR SATA LUS ja fe < ñ #0 ITU Hs 2H aire [UE ip ES ab: 1 \ dc RE NE RC ER A ENNER le te fi à à « A EU TAN AN OC HAE RS Re HENRAT tant n DT NE M 2 PLIL DEL EN RAT 1 PAT hs RAROME AE CN au PC TRES 1 ALES PT FNEEMANEEL 2 VEN AUS: 6 sixties } at te PL 3h 40m iv Ai AE l sy EPA ñ Ur 2 ALL ''t FN: FR wie eee tel Lil Il ‘nuls PRIE Dour F4 “M: NAT DEL ANT RTE : °c orrtii Pont ARNO Libass 1 D TETE PNR LENS | er PIN MEME abat mme | ; | | Fa CNT PRUE AE EU Diet PP MAAT Ag" 20) { | Lt #3 | Male" eu Tir Rue di} 1 ; l 24 « A sp % k * 5 à ' d + L 2 « + 2 ‘ ‘ " , 1 j ü Cs D +! L \ à { { Le 4 à à i À | ; « À f 1 ? - . D CT : rie ‘ + à À L “ # EE y + 1. L LA. Lans Girl . 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Se NS A & re RE bd PRET LS l PT m ee mr LA PL area 1 = ét *d Luént à $ AL EAER ENT IP CE ET Note SUR LES Religions de l'Amérique Centrale A lépoque de la composition des manuscrits katouniques conservés jusqu’à nos jours. ai eu l’occasion d'étudier avec mes élèves de l’École des Hautes-Études les principaux mythes religieux de l’Amérique précolombiénne, et de dé- montrer combien la propagation de ces mythes avait été considérable dans les temps antérieurs à la conquête (1). En attendant la publication de plu- (1) Une de mes leçons, sur le mythe de Quefxalcoatl (le Cuculkan des Mayas) doit paraître prochainement dans les Archives de la Société Américaine de France. CODEX PERESIANUS. 8 S4 È CODEX PERESIANUS. sieurs monographies relatives aux dieux du panthéon yucatèque, monographies pour lesquelles je réunis tous les documents originaux dont je puis prendre connaissance, il ne me semble pas inutile de donner ici un aperçu du culte répandu dans la région isthmique à l’époque où remontent très probablement les quatre manuscrits katouniques qui nous sont connus. Cet aperçu facilitera, je pense, les attribu- tions que nous avons à faire au sujet des peintures qui ornent ces précieux restes de la vieille civilisation transatlantique. La découverte de l'Amérique s’est traduite, dans le domaine de la science et de la philosophie, par de nombreuses énigmes. Ces énigmes se simplifient de jour en jour, et quelques-unes d’entr’elles ont déjà reçu leur explication. Il appartient à la branche de la recherche contemporaine qu'on appelle « l’'Américanisme » de résoudre celles qui doivent . nous expliquer les évolutions successives des sociétés humaines du Nouveau-Monde. Les investigations de l'anthropologie et de la linguistique tendent à nous faire voir, au-delà de l'Atlantique, des groupes essentiellement dis- tincts de populations, entre lesquels il est bien difficile de trouver des liens assez étroits pour justifier la doctrine d’une unité de race dans le vaste hémisphère que nous a révélé le génie de Christophe Colomb. Au point de vue des carac- APPENDICE. 55 tères somatologiques, il est indispensable d'établir plusieurs grands rameaux parmi les peuples de l'Amérique; au point de vue des langues, le classement est plus complexe, et la diversité appa- rente ou réelle est si profonde que c'est à peine si l’on parvient de nos jours à répartir, tant bien que mal, les idiomes de ce continent en un nombre nettement déterminé de familles linguisti- ques. L’ethnographie est plus favorisée, et tout contri. bue à montrer une étonnante unité dans le tra- vail intellecteul des peuples de l'Amérique et dans leur manière de comprendre la marche des idées et de la civilisation. I ne m’appartient pas d'aborder ici l'étude à. tant d'égards intéressante de l’ethnographie amé- ricaine : il me suffira de l'envisager sous une de ses faces, celle de la propagation et du développement de l’idée religieuse. Le monde américain, qu’on appela « le Nouveau- Monde » lors de la découverte de l’immortel Génois, et qu’on désigne encore aujourd’hui sous ce nom, est certainement fort ancien. Je n'ai pas le goût de discuter, comme l’a fait Brasseur de Bourbourg, la question de savoir si son antiquité remonte au-delà des temps les plus recu- 56 CODEX PERESIANUS. lés de l'histoire de notre continent (1). Cétte question, je la considère, — dans l’état actuel de nos connaïssances, — comme à peu près aussi oiseuse qu’insoluble; et je puis affirmer qu'elle a détourné de la voie de la critique sérieuse et du bon sens bien des hommes qui eussent pu rendre des services à l'érudition, s'ils avaient procédé avec un peu moins d'enthousiasme fantaisiste et un peu plus de prudence et de circonspection. On ne saurait cependant douter aujourd’hui que non-seulement l’homme existe de- puis bien longtemps sur le sol américain, mais que les annales traditionnelles et même écrites des péri- péties de son existence y remontent à des âges ex- trêmement reculés. La chronologie, qui à fait si sou- vent défaut aux indianistes lorsqu'ils se sont pré- occupés des temps primitifs de la civilisation dans la presqu'île cis-gangétique, ne manque pas précisé- ment dans Ja région des Montagnes Rocheuses et Cordillères. La pierre sculptée, les souvenirs histo- riques recueillis par les écrivains espagnols de la conquête et, ce qui est peut-être plus précieux, la littérature indigène, viennent successive- ment nous apporter leur concours pour nous per- (1) Brasseur de Bourbourg a rapporté une opinion de M. Catlin, suivant lequel «le Yucatan aurait été sous l’eau, depuis que les monuments quis’y trouvent ont été construits (Quatre Lettres sur le Mexique, p.432). APPENDICE. 57 mettre de déterminer un certain nombre de dates qui, — n'y en eut-il point d’autres, — suffraient à la rigueur pour nous faire saisir les lois du dévelop- pement civilisateur sur le territoire actuel du Mexique et sur celui des petits états de la région isthmique de l'Amérique Centrale. L'étude des principaux mythes religieux de ces contrées, doit nous intéresser d'autant plus, qu’elle se rattache intimement au contenu des quatre manuscrits précolombiens transmis jusqu'à nous. La connaissance de ces mythes simplifiera eertaine- ment le rude labeur de l'interprétation des textes katouniques que nous rencontrons non-seulement sur ces quatre manuscrits rarissimes de la paléogra- phie yucatèque, mais encore sur des inscriptions hiéroglyphiques dont le nombre s’accroit de nos jours de la façon la plus encourageante pour l'avenir. Les savants qui ont à cœur d’éclaircir le beau et magnifique problème livré à leur intelligence et à leur perspicacité, doivent nécessairement s'engager dans deux voies différentes, en vue d’aboutir au même but et de faciliter le contrôle des résultats acquis : les uns ont pour mission de soumettre à une critique sévère et judicieuse les données recueillies par les écrivains de la conquête ou des siècles qui l'ont immédiatement suivie; Îles autres ont pour tâche de demander aux monu- 58 CODEX PÉRESIANUS. ments de la statuaire et de l'écriture d'élargir le champ des faits connus et d’en rendre l’interpré- tation plus complète et plus précise. Jusqu'à plus ample informé, nous devons réduire le domaine de la civilisation en Amérique aux territoires compris dans les bornes du Mexique, de l'Amérique isthmique et du Pérou. Cela ne veut pas dire que des découvertes ultérieures ne pour- ront pas étendre beaucoup plus loin les limites déjà si larges que je viens d'indiquer. Loin de là : la région qui fut occupée jadis par les « Mound- Builders » au nord, et celle des Chibchas au sud, viendront sans doute un jour réclamer leur place dans les annales de l'humanité militante. Mais jusqu’à présent, les conditions d’étude sont telle- ment meilleures au Mexique, au Yucatan et au Pérou, qu’on est tenté d'abandonner à nos arrières- petits-neveux le rôle de pionniers là où nous ne trouvons plus guère de nos jours, — en fait d’abo- rigènes, — que des êtres tombés fort bas dans les ornières de la barbarie et même de la vie absolu- ment inculte et sauvage. L'histoire religieuse nous obligera d’ailleurs à franchir bon gré mal gré les limites dans lesquelles nous aurons essayé de nous maintenir; Car nous savons déjà que certaines traditions mythiques ont laissé des vestiges mani- festes à. peu près d'un bout à l'autre du vaste hémisphère américain. Les analogies auxquelles je APPENDICE: 59 fais allusion semblent, il est vrai, se rapporter à des évènements qui ne remontent guère au-delà du moyen-âge transatlantique; mais ïl n’est pas impossible que les traces du culte primitif des Mexicains et des Mayas se retrouvent, elles aussi, bien en dehors des contrées dans lesquelles. nous voyons évoluer la civilisation des deux peuples les plus célèbres de l'antiquité précolombienne. Il faut néanmoins, en s’engageant dans cette voie, se méfier des écarts faciles de l'imagination. L'idée de trouver partout, aux époques primordiales ou réputées telles, des traces. de. monothéisme originaire, est de celles dont il ne, nous est pas toujours licite d'éviter la dangereuse influence; et cette influence est sans doute plus funeste sur le terrain de l’américanisme: que partout ailleurs, car c’est, incontestablement sur ce terrain que les auteurs ont le plus abusé des hypothèses. gratuites et des théories imaginaires et systématiques. L'existence du monothéïsme à l'aurore de la ci- vilisation. du Mexique et du Yucatan ne me: paraît guère contestable. L'histoire est obligée d’enregis- trer des données qui ne permettent point de se re- fuser à la reconnaître. Quant awphilosophe, à l'exégète, il:lui sera permis de se montrer plus sé- vère, plus sceptique; et cela par laraison que le monothéïsme peut être tantôt la résultante d’un grand travail intellectuel chez un peuple, tandis que, 60 CODEX PERESIANUS. chez un autre, il n'indique qu’une insuffisance d'ima- gination et de facultés spéculatrices. Je désire faire usage en ce moment des procédés de l'historien et laisser de côté ceux de l’exégète et du philosophe. Au moment où les Espagnols commencèrent à récueillir des renseignements sur les religions de l'Amérique Centrale, il me paraît évident qu'il existait, chez les peuples soumis à l'influence civi- lisatrice des Mayas, deux grandes manifestations religieuses : l’une, telativement récente,et cependant assez vieillé pour avoir subi de graves altérations ; l'autre, antique, en partie méconnue par la masse des Indiens, et profondément menacée dans ses. assises par le succès d’une prédication nouvelle. La tradition rapporte qu’il y avait en effet, dans le Yucatan, des prêtres de deux religions différentes : les uns professaient « le culte ancien », les autres, celui de Zamina et de Cuculkan (1). Sur le culte de ces derniers, nous possédons dé précieuses traditions. Tout au contraire, les in dices relatifs à la croyance des premiers sont sans cesse insuffisants, vagues, parfois con- tradictoires. Il y à même lieu de penser qu’au siècle de Landa les prêtres de la religion pri- mitive des Yucatèques n’en connaissaient plus guère (1) Bancroft, Natives Races, t. III, p. 472. INTRODUCTION. 61 l'esprit originel, et que cette religion avait été maintes et maintes fois, au travers des âges, alté- rée dans ses principes fondamentaux. Le peu que nous savons au sujet de la foi pri- mitive des Mayas est néanmoins suffisant pour nous permettre d’y voir un monothéisme rudimentaire associé au culte du Soleil. Il paraît notamment établi que l'existence de ce culte, en tant que mo- nothéïsme, ne fut pas de longue durée, et que bien- tôt les Indiens, tout en admettant la notion d’un dieu supérieur, furent entraînés à lui associer d’autres déifications secondaires. Les innombrables divinités du panthéon Yucatèque appartiennent, sans qu'on en puisse‘douter, bien plus à la religion an- tique qu’à la réforme moderne attribuée à Cucul- kan ou à d’autres personnages des temps semi- historiques. Dans la mythologie des Américains, il me semble désirable de distinguer deux périodes principales : la première durant laquelle on peuple les espaces célestes ou imaginaires d'une foule de di- vinités qui ne sont en quelque sorte qu’autant de manifestations du Dieu suprême (déification des forces de la nature, et ensuite des forces de la vie sociale); la seconde durant laquelle on décerne l’apothéose aux hommes qui, pendant leur vie, ont su gagner un ascendant sur les masses et leur faire subir les effets de la domination (époque des héros). CODEX PERESIANUS — *. 3 62 = CODEX PERESIANUS. On a prétendu que le plus ancien dieu des Mayas était leur Priape appelé Baklum Chaam (1). Sans contester cette opinion, il me semble évident qu'elle résulte d’un malentendu, ou tout au moins, qu'elle ne nous est pas présentée sous son véritable jour. Les adorations phalliques ne sont primitives que là où l’on y a vu un symbole du principe de ba Vie, personnifiée et déifiée. Le culte des organes de la génération, dont on rencontre des vestiges dans le monde entier, devait nécessairement perdre bientôt sa signification originelle et entraîner les dévots dans une voie de démoralisation et de débauche. Le Mexique anté-colombien nous en fournit les plus déplorables exemples (2). Baklum- Chaam a pu être au début une dénomination du Dieu suprême et primordial, tout comme la vie est le principe de l'existence; mais, par la suite, il n’a plus été qu’une idole de bas-étage, livrée aux ins- tincts grossiers de la foule ignorante et sensuelle. En tant que dieu primitif, c'était le même que Acat, le dieu des Naissances, qui présidait à la formation des enfants pendant leur séjour dans le sein de Fa mère. (1) Ce dieu était adoré à Tihoo, aujourd’hui Mérida, où on lui avait édifié un temple d’une grande splendeur (Bancroft, Natives Races, t. II, p. 467). (2) Voy. Aubin, dans la Revue Orientale el Américaine, pre- mière série, t.' [Il p168: INTRODUCTION. 63 Le culte phallique, chez les anciens Américains, parait étroitement uni à celui du Soleil et de la Lune, considérés comme les emblèmes célestes de la géné. ration dans l'empyrée, de même que le Feu et la Terre l'étaient dans ce bas monde (1). A en croire les au- teurs qui se sont occupés des pratiques religieuses de l'émisphère transatlantique, ce culte avait pris de toutes parts un prodigieux développement, et de nom- breuses cérémonies, — que nous ne pouvons nous empêcher de considérer comme obscènes, mais qui n'avaient peut-être pas ce caractère aux yeux des Indiens, — prenaient place dans les temples et dans diverses cérémonies de la vie domestique. Le phallus était, en maint endroit, un objet d’idolatrie (2), et des statuettes religieuses en offraient l’image mons- trueuse à la vénération des fidèles. Quelques-uns de ces objets, des vases notamment, ont été recueil- lis et conservés dans nos musées publics et dans quelques collections particulières. Ils ne suffisent cependant pas pour justifier les données des Espa- gnols qui se sont plu à nous montrer la vaste ex- tension qu'avait pris le culte phallique au Nouveau- Monde, dans les temps antérieurs à l'invasion euro- péenne. (r)tBanctoft, Lebr "cie CNTIT, p. 502. (2) Les habitants de Panuco et de plusieurs autres localités « adorano il membro che portano gli huomini fra le gambe » (Ramusio, Navigazioni, t. III, f. 307). 64 CODEX PERESIANUS. : I] ne me semble pas inutile de signaler un fait qui nous laisse incertains au sujet de la mesure dans laquelle on peut associer les cérémonies priapiques que nous racontent les auteurs espagnols à Ja religion proprement dite des Indiens de l'Amérique Centrale. Dans les quatre manuscrits hiératiques qui, seuls, sont parvenus jusqu’à nous, et dont le caractère religieux ne peut plus être contesté, on ne trouve aucune trace du culte des organes de la génération. Ces manuscrits sont cependant tous ornés de nombreuses images où les représentations priapiques devraient apparaître, s’il est vrai que le phallus et le chteis aient été un motif d’adoration constante chez les peuples de la contrée intérocéa- nique, comme il semble l'avoir été plutôt dans le centre de la civilisation mexicaine. On peut objecter que les livres katouniques que nous possédons sont trop peu nombreux pour nous faire connaître toutes les pratiques religieuses des anciens Indiens, et que les monuments sculptés, nous offrent, en re- vanche, d'assez fréquents emblèmes où l'on est auto- risé à reconnaître l'équivalent du Ængam de l'Hindoustan. L'observation que j'ai cru devoir présenter au sujet des codices yucatèques parvenus jusqu'à nous, est cependant de nature à donner quelques doutes sur la place qu'il faut accorder au culte phallique dans la religion des pays mayas. On sait que les fidèles de ces contrées avaient l'habitude INTRODUCTION. 65 de se tirer du sang des parties nobles, en signe de mortification (1); mais ils opéraient une pratique analogue en se perçant la langue et les oreilles; et c'est seulement la scarification des oreilles qui figure dans lés manuscrits hiératiques qui nous sont connus (2). Les témoignages sont trop précis pour qu’on puisse douter de l’existence de pratiques obscènes dans les cérémonies religieuses des anciens In- diens ; mais je crois que c’est à tort qu'on cherche à rattacher ces pratiques aux idées fondamentales sur lesquelles repose la religion primitive du Nouveau - Monde, et je suis enclin à n’y voir rien, de plus qu'une preuve de la profonde dé- gradation morale dans laquelle étaient tombés les aborigènes de l’Amérique à l’époque de l’arrivée des descubridores castillans. Il appartient évidem- ment à la critique d'expliquer certains usages dont le caractère peut être plus où moins obscur à nos yeux ; mais ce serait sans doute faire un abus exor- bitant de ses procédés que de s’en servir pour justifier des pratiques qui ne sont autre chose (1) Diego de Landa, Relacion de las cosas de Yucatan, édition publiée par D. Juan de Dios de la Rada, à la.suite de sa traduction espagnole de mon Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique de l'Amérique Centrale (Madrid, 1884, in- fol., p. 84). Fons la fig. que j'ai reproduite dans les Archives de la Société Américaine de France, 2° série, t. II, p. 192. 66 CODEX PERESIANUS. qu'un effet de la décrépitude des peuples par- venus à la dernière période de la caducité. Les nations de l’Amérique Centrale étaient pour la plu- part arrivées à cette période, lorsque les Européens fu- rent pour la première fois mis en contact avec elles. Un ordre d’investigations qui apporterait certai- nement de précieuses lumières au milieu des obscurités profondes de l’histoire religieuse de l'Amérique précolombienne, mérite d'être ici men- tionné. Je veux parler de la recherche des attributs caractéristiques des divinités indiennes, à l’aide desquels il est parfois possible de les reconnaître sur les monuments et dans les manuscrits où ils sont représentés. En voici quelques exemples : Le dieu Zun-Ahpu Vuch (1), créateur du monde et aïeul du Soleil et de la Lune, dans la mytho- logie des Quichés, avait pour signe caractéristique un long nez recourbé qui rappelait le #47, animal sacré de l'Amérique Centrale (2). On représentait de la même façon le dieu Æun-Ahpu-Utiu (3), ” souvent confondu avec le précédent. L'image du Dieu au long nez figure sur plusieurs feuillets des (1) « Un tireur de sarbacane au sarigue ». — Voy. plusieurs représentations du dieu au long nez extraites des manuscrits katouniques et reproduites sur ma PLANCHE B. à (2) Brasseur de Bourbourg, Popol Vub, Introduction, p. CXVIII. (3) « Un tireur de sarbacane au chacal ». 3 PAP: Codex Peresianus Qt F4 C.Cortesianus, p.10 Imp. Lemercier etC"Paris C.de Dresde, p.44. Rosny lith. HON=AHPU=VUCH et les dieux à nez en trompe INTRODUCTION. 67 manuscrits hiératiques que nous possédons (1). Un autre dieu, qui semble occuper une assez grande place dans le panthéon maya, est le dieu de la Mort, appelé Yww-cemil. On peut le recon- naître sur certaines pages de nos quatre manuscrits hiératiques (2), non seulement parce qu’on le représente avec une tête de mort, mais par le motif que, dans les légendes jointes à son image, figurent sans cesse des groupes de signes composés avec le caractère CT) cimi « mort » (3). Ce dieu de la (1) Notamment dans le Codex Troano, (édition Brasseur), pp. 24, 26, 27, 29, 30, 31, 33, 34, 353 2*, 9*, 10", 15°, 16*, 18*; — dansle Codex Cortesianus, (édition de Rosny), PP. 2, 3» 4: S> 63 7> 9 10, 11, 12, 13, 18, 26, 35; 38,39 ; — dans le Codex Peresianus (édition de Rosny), pp. 6 (?), 8 (?); — dans le Codex de Dresde (édition Fœrstemann), pp. 10, II, 12, 22, 29, 30, 31, 33: 34 36, 38, 39, 40, 42, 43, 47, 61, 62,65, 66, 67, 68, 69. — Il y a lieu de croire que le nez long et en forme de trompe était d’ailleurs l’emblème de toute une classe de divinités yucatèques qui appartenaient probablement à une évolution secondaire des croyances religieuses chez les anciens Indiens de l'Amérique Centrale. (2) Voy. ma PLANCHE C, et dans le Codex de Dresde, pp. 13, 15, 45, 53; dans le Manuscrit Troano, pp. 28, 30, 34, 3*, 8*, it, 137,414", 15, 29", 31”, etc. dansile: Codex Coriestanus, pp. 14, 16, 20, 29, 30, 36. — Le dieu Dean pour marque caractéristique, une maim placée au-dessous de l'oreille toujours dessinée comme le signe figuratif (Cp. les images du Dieu de la Main, dans le Codex de Dresde, éait. Fœrstemann, pp. 25, 26, 27, 28). (3) On sait que le signe cimi « mort » faisait partie des caractères cycliques des anciens Mayas; mais on ne peut guëre douter qu’il ait, en outre, été employé avec cette même signi- 68 CODEX PERESIANUS. Mort ou d'En-bas a été parfois confondu avec celui du Feu terrestre, emblème de la destruction, opposé à celui de la Montagne ou d’'En-haut, présidant à la Vie dans la nature (1). À la suite des divinités qui nous sont plus ou moins bien connues par les écrits des anciens auteurs espagnols, il faut en mentionner d’autres dont l'examen comparé des manuscrits amé- ricains nous révèle l'existence. (On trouve notamment, dans plusieurs d’entre eux, un person- nage sacré qui est caractérisé par le symbole de = « la main » (2). Ce serait une personnification de la divinité Solaire, dieu d'En-haut et dieu du Sud, en opposition avec le dieu du Nord reconnaissable par l’attribut du poisson et du filet, ainsi que par le signe /K de l'empreinte du pied qui apparaît dans divers endroits du Codex de Dresde (3). Un autre mythe des Indiens du Mexique et de l'Amérique Centrale, est également l’objet d'une fication dans les textes « courants » en écriture katounique. On le rencontre, par exemple, dans le Codex Troano (p. 3), au- dessus d’un personnage qui n’a plus de tête et auprés du cou duquel on voit figurer la « hache », indice de sa décollation. (1) Ce système de dualisme a été développé avec de curieux exemples empruntés aux manuscrits peints du Mexique, par feu Carl Sellack (Lettres à M. Léon de Rosny sur la Mythologie com- parée,".MSC., p. pe (2) Codex de Dresde (édit. Fœærstemann), pp. 25, 26, 27, 28. (3) Edition Foœrstemann, pp. 26, 27, 28, 41, 45. | PI. C Codex Peresiauns. C Cortesianus, p.16 C.Troano,p.l# C Troano,p 5. Rosny hth Imp.Lemercier etC'eParis. Représentations Yucatèques | du DIESDESTLA-.MORT: INTRODUCTION. 69 représentation curieuse dans le Codex Troano. Je veux parler du symbole caractérisé par le signe « œil». La figure en question est peinte dans une série spéciale et tout particulièrement intéressante que j'ai déjà eu l'occasion de signaler. Un person- nage, colorié en vert, peut-être l’image d’un enfant, “est dessiné dans un ovale, et son œil est atteint par une pointe, tandis que l'encadrement du sujet est composé du signe « œil » vingt-trois fois répété (1). M. Sellack a observé que cet emblème se retrou- vait dans plusieurs manuscrits mexicains, où «l'œil droit » était placé sous la garde du signe « maison» (Codex Vaticanus, 1, p. 75), avec le dieu de l'Air pour régent; tandis que « l’œil gauche » se ren- contrait sous la garde du signe « pluie », dont les régents étaient le dieu des Vents, et 774/oc, dieu de’ Terre "(2)" Le culte des Bacab, ou divinités des Quatre points cardinaux, paraît occuper une place im- portante dans les manuscrits katouniques qui nous sont connus. L'image de ces dieux, que J'ai constatée dans le Codex Cortesianus (3) a été admise par les américanistes, et la planche qui les représente, et que j'ai publiée pour la première fois, a déjà été l’objet de plusieurs reproductions, non (1):MSC. cité, p. 35. (2) Codex Troano, p. 23. (3) Planches 41-42 de mon édition héliographique. CODEX PERESIANUS, 10 79 CODEX PERESIANUS. seulement dans des écrits d'érudition proprement dite (1), mais dans des livres publiés pour le grand public. Ce culte se rattache intimement à celui des arbres sacrés de l'antiquité américaine. Je me pro- pose d’en faire l’objet d’un mémoire spécial pour lequel j'ai déjà réuni un dossier de renseignements de nature à intéresser, je l'espère, les archéologues qui font des antiquités américaines l’objet spécial de leurs doctes investigations (2). | (1) Notamment par M. Cyrus Thomas, dans le Third annual Report Report of the Bureau of Ethnology (Washington, 1885), et dans son extrait intitulé Nofes on certain Maya and Mexican Manuscripls, pl. 11 et pass. (2) Voyez, sur ma PLANCHE D, plusieurs figures relatives au culte des Bacab, à côté desquelles se trouvent des groupes de signes katouniques que j'ai pu déchiffrer et qui représentent se, die points cardinaux affectés chacun à l’un des dieux açab. Codex Peresianus. ” ps aie eh Lo C.Troano, p. 22° [GE ER Gr 1 ASE LE Rosny lith *_ C.Troano, p. 21* Imp.Lemercier et C''Paris LESCUPTECDES. BACAB PLD Fee GLOSSAIRE DES NOMS Divinités Yucatèques A A-vum-cHAc, le Dieu protec- teur des Eaux. ABAH, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. ABCHUY-KAK, héros maya. — Le nom de ce héros, dans lequel figure le mot A kak « feu », signifie proba- blement « l’épervier en- flammé ». ACAN-TUN, « la pierre qui gémit »; divinité antique (END). ° ACANUM, divinité de Ja Chasse. — Voy. Acanum- xubuy. ACANUM-ZUHUY, « la vierge qui gémit »; divinité de la Chasse, protectrice des forêts. — Voy. Zuhuy-xip. ACAT, dieu de la Vie. Il présidait à la formation et au développement des enfants dans le sein de leur mère. AGUAL ou AcGHUAL, le der- nier des vingt héros di- vinisés de la mythologie chiapanèque. (Cf. le maya CE) 1. 202.et der- nier des signes de jour). An-BALAM « le Tigre mâle »; nom de plusieurs divinités antiques, protectrices des Bois. AH-BULUC-BALAM, « le mâle des onze tigres »; nom d’une divinité antique, protectrice des Récoltes. Au-caBonuIL, le Dieu Su- prême, dans l’ancien Gua- témala (suivant Garcia, Origen de los Indios, p.330). NI [S] Ax-cacaB « le mâle du Sol »; divinité protectrice des Monuments antiques. AH-CAN-UOLCAB « le Serpent mâle de la terre ronde » ; divinité antique, protec- trice des Récoltes. AH-CHUN-CAAN, « le principe mâle du Ciel; divinité an- tique de Ti-h6 ou Mérida. Au-crrz, divinité de la Pêche maritime. AH-COC-AH-MUT, « la cale- basse-mäle, oiseau mâle » ; nom d’une divinité iden- tifite avec Itzamna. AH-CULEN-018, nom de quel- ques divinités antiques (BR.). AH-HULNEB. — Voy. A4b- ulneb. An-Kax NExO1, dieu de la Peche. An-kix-xoc «le Prêtre qui siffle»; nom du dieu de la Musique, astrologue et enchanteur (Coc.). — Au- trement appelé Pixlimtec. Au-puA, divinité de la Pêche maritime (LND.). An-Uixss, « l’Archer »; divi- nité antique de Pile de Cozumel. Il est représenté ténant dans ses mains un arc et des fléches, AHULENA. — Voy. 4b-Ulneb. Anau-CHaAMABEZ «le Seigneur sorcier qui pile »; dieu de la Médecine. AjmAK,divinité du Guatémala. CODEX PERESIANUS. AK-CHUY-KAK « le mâle du Feu suspendu » ; dieu de la Guerre. L AMAL-CUM « autour du bas- sia »; divinité de la Pêche. ATIT, déesse du Maïs, au Guatémala. Elle était épouse du dieu Copichoch. — Ce fut, suivant Fuentes, une reine mythique qui vécut quatre siècles et qui fut la souche des familles prin- citres du Guatémala. Avizix, nom d'un dieu des Quichés, protecteur de la famille des Nihaïb, soumis et parfois identifié au dieu Tohil; symbole de la Tem- pête. — Voy. Hacavit. B BacaB, nom des dieux des Quatre points cardinaux qui avaient pour mission de soutenir le Ciel. Cogol- ludo les mentionne, sous les noms suivants : Zacal Bacab, Canal Bacak Cha- kal Bacab et Ekel Bacab. Landa les énumère dans l'ordre suivant : pour le sud kan, le bacab Hobnil, autrement appelé Kanal-Bacab,KanPauab-tun et Kan Xib-chak ; — pour Pest © muluc, le bacab Cawxicnal ou Chacal- GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 73 bacab ou Chac Pauah-tun ou Chac Xib-chac ; — pour le nord 1x, le bacab Zan-Xini où Zacal-bacab, où Zac Pauab-lun, où Zac Zib- chac; enfin, pour l’ouest A cauac, le bacab Hozan-ek, où Ekel-bacab, ou Ec Pauab-tun, où Ek Xib- “bac. (Brasseur appelleà tort le troisième Zac Zic-chac, et fait usage, sans doute par suite d’une erreur d’im- pression, dans la traduction française, du caractére cy- clique ik au lieu de Le mot Bacab désigne, suivant quelques américa- nistes,une amphore qu’on remplissait d’eau pendant les cérémonies religieuses qui se pratiquaient aux Qua- tre points cardinaux, Ces amphores( ri EN ) ou canob se rattachaient intimement au culte des dieux Bacab et faisaient al- lusion aux cieux (maya : cänob) supportés par ces quatre dieux. On les voit figurées au feuillet 27 du Codex Cortesianus sous la forme de l’image dont Jes contours sont peints en bleu, couleur des eaux. Dans ce Codex, les quatre amphores sont surmontées des groupes de signes que j'ai déchif- frés comme signifiant «les Quatre points cardinaux ». Il y a là, je crois, une nouvelle confirmation de l'exactitude des résultats acquis à la paléographie yucatèque. BacaB (trinité des). Cette trinité, sur les caractères de laquelle il subsiste les plus grands doutes et qui parait avoir été imaginée, dans sa forme moderne, sous linspiration des idées chrétiennes, comprenait : 1. Îxona, le grand-père ; — 2. Bacab, fils du grand- père et de la vierge Chi- ribias; — 3. Echuah ou Ekchuab, le Saint-Esprit. Il est possible que cette trinité repose à quelques égards sur d’anciens mythes indigènes; mais dans la forme où nous l’a fait con- naître Las Casas, elle doit être considérée comme une pure invention des missionnaires espagnols. BAKLUM-CHAAM, divinité pria- pique présidant aux fœtus 74 CODEX PERESIANUS. et aux naissances ; adorée tout particulièrement à Ti- bé (Mérida). Barz, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. Beex, l’un des vingt héros de la mythologie. chiapa- nèque (maya : Ben ou Been). BoLon-zacaB « les Neuf Terres. blanches » ; nom d’une divinité dont le culte se rattache à celui des quatre Bacab. — Voy. ce naem,. € CaBrakAN, dieu des Trem- blements de terre, chez les Quichés, était fils du “héros divinisé Vukub-cakix ; il fut vaincu par Hun-ahpu et Xbaldnqué. — Voyez ces noms: Canoc, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie . chiapanèque. iii CaNaL-BacaB «le dieu d’En- haut »; l’un des dieux des Quatre points cardinaux auquel était affecté le signe de kan. — Voy. © Bacab. CANZICNAL, l’un des dieux des Quatre points cardi- naux Où Bacab, auquel était affecté le signe muluc (Levant). — Voy. Bacab. CErBa. — Voy. Imox. CHaBin, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. CHac, divinités protectrices des Eaux et des Cultures. Aux mois chen et yax, on célébrait . en. leur honneur une fête appelée ocna, c’est-à-dire de. la rénova- tion des temples. Une au- tre fête de ces mêmes dieux était. pratiquée au mois de.#ac; on leur as- sociait alors, dans les sa- crifices, le dieu Ffsamna. Le nom de Chacétait aussi celui d’un ancien roïd’Iza- mal, auquel on: attribue l'invention del Agriculture. On désigne également Chac comme le dieu Géant. CHAC PAUAH-TUN, l’un des dieux des Quatre points cardinaux, le même que Canzicnal.— Voy. ce nom. CHac Xi8-CHAc, l’un des dieux des Quatre points cardinaux; le même que Canxicnals— Voy. cenom. CHacaL-BAcas, l’un des dieux des Quatre points cardi- naux, auquel était affecté le signe smuluc (Est). CHaMaL-KanN, principal dieu des Cakchiquels.- Il avait 74 GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. pour symbole une chauve- souris. CHANAN, l’un les vingt héros de la mythologie chiapa- nèque. CuiBirias. — Voy. Chiribias. Cyic, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. CHICUNE «principe des êtres», divinité du Darien, suivant Las Casas. CHIMALCAN, autre nom du dieu Cakchiquel appelé Chamal-kan. CHIMALMAT, nom de la femme du héros divinisé Vukub- cakix, et mère de Zipacna et de Cabrakan. — Voy. ces noms, CHinax, l’un des vingt héros primitifs de la mythologie chiapanèque, CuipiRiPé, dieu du Ciel, habitant au haut de l’em- pyrée; adoré dans la pro- vince de Pocorosa. CHIQUINAUT, dieu du Vent, au Nicaragua. CuiriBias, la Sainte-Vierge des Mayas; divinité dont le rôle a été imaginé par les missionnairesespagnols, — Voy. Bacab (trinité des), CHiITOLON-TUN, dieu de la Médecine (Cog). CHUY-KAK, divinité de la Guerre. CrAGaT «la Petite »; divinité du Nicaragua qui passe pour avoir aidé le grand dieu Tamagostat à recréer les habitants de Ja terre, après le déluge. CiNCHAU-YZAMNA, orthogra- phe fautive dunom du dieu maya Kinich-Ahau-Yzamnd. CIPATTONAL, grande déesse du panthéon de Nicaragua, habitant le pays où le Soleil se lève. Elle est l'épouse du grand dieu Tamagostat. On lui doit la création, de concert avec son époux, des êtres qui avaient été détruits par le w déluge. CiT-BIL, nom d’une ancienne divinité dont on se servit pour désigner lEtre Su- prême, lors de la conquête espagnole. CITBOLONTUN, dieu yuca- tèque de la Médecine. — Voy. Ix-chel. CocoHua «les deux Ser- pents ». Ce sont. deux frères jumeaux, les Hun- Abhpu quilivrèrent des com- bats à Xibalba. On les représente parfois sous la forme de deux serpents roulés autour d’un bâton. (Br.) | Cozssiz XBoLON-CHocH, « la Princesse des neuf Scara- bées » ; divinité protectrice des Abeilles. Coricocx, héros guatéma- lien qui, suivant Juarros, aurait régné à Tulan., — Voy. Atit. 76 CODEX Cucumarz.—Voy. Gucumaix. CucuLzxan.— Voy. Cukulcan. CukuLcan «le Serpent à plumes de quetzal», grand instituteur religieux des peuples de l’Amérique Centrale, auquel les indi- gènes ont rendu les hon- neurs de l’apothéose. Il est identique au Querxal- coatl des Mexicains, au Gucumatz des Quichés, et à plusieurs autres chefs des religions de l'Amérique du Nord et même du Sud. (Voy. mon étude sur Le mythe de Quetzalcoail, Paris, 1888). Une grande fête, en l’honneur de ce dieu, était célébrée sous le nom de =) chic-caban. Suivant une tradition mythique, qu’on n’a pas encore appréciée, ce me semble, à sa juste valeur, Cuculkan, qui était venu enseigner une foi nouvelle, détruit les dieux du paganisme indien, et, à ce titre, est identiñé avec la personne de l'Ehecatl _ mexicain. CumM-AHAU « le Bassin Au- guste »; dieu des Enfers. E ECALCHOT, divinité du Nica- ragua, surnommée Huehue PERESIANUS. «le Vieux ». fille aida Za- nagostat à créer de nou- veau les êtres de la terre après leur destruction par le déluge. EcHuaAn ou EkcHuaAH, dieu des Marchands, des Rou- tes et des Voyageurs. Le nom de ce dieu a été in- terçcalé dans la trinité des Bacab, inventée par les missionnaires espagnols. — Voy. Bacab (trinité des). On avait l'habitude d’éri- _ger, sur les routes, à ce dieu, des autels, compo- sés de six pierres plus ou moins informes, au milieu d’un monceau d’autres pierres que les voyageurs, à leur passage près des monuments, se faisaient un devoir d'apporter en si- gne de vénération. EK-BALAM-cHAC « le dieu du Tigre étoilé (léopard) » ; divinité yucatèque, ratta- chée au culte des Quatre Bacab. — Voy. ce nom. Ex-cHuan, dieu des!Planteurs de Cacao. — Voy. Echuah. Ek-pAUAH, l’un des surnoms du dieu Ekel-Bacab. —Voy. ce nom. EKEL-BACAB « le dieu ardeur de la Lumière »; l’un des dieux dés Quatre points cardinaux, auquel était af. ue fecté le signe = cauac(Ouest).— Voy. Bacab. GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 77 cauac (Couchant)., — Voy. Bacab. ? : EKEL-xIBcHAC, l’un des sur- noms du dieu Ekel-Bacab. — Voy. ce nom. Eras, lun des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. Evos, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. F FAMAGOSTAD. — Voy. Tama- goslat. FomaGara. — Voy Tama- goslat. G Gucumarz, le même que le Cukulcan maya et le Quet- xalcoatl mexicain; person- nage divinisé par les Qui- chés. Le nom de Gucumalz a té également celui d’un roi célèbre chez les Qui- chés. H Hacavirz, dieu de la Foudre des Ahau-Quiché, parfois confondu avec Tohil qu’on a identifié avec Gucumalx. — (Voy. ce nom). Haca- vitz est également placé dans la Trinité quiché avec les dieux Tohil et Avilix. CODEX PERESIANUS. Hix, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. Hosxin ou Hobnil-Canal- Bacab, Yun des noms du dieu Bacab appelé Canal, patron des Planteurs de Cacao, À cedieuestratta- ché le signe cycli- Qu que kan (le Sud). Hoso ou Hos-o, divinité de Péten-Itza, la principale de la religion des Itzaèques. On lui offrait des sacri- fices humains. Hox-cHux-cHam, dieu de la Guerre, chez les Itzaëques. Hozaw-EK « l'Étoile du soir »:; l'un des noms du dicu Bacab autrement appelé Ekel-Bakab. À ce dieu est. rattaché le signe cyclique 6) cauac (le Couchant) Huso. — Voy. Hobo. . Hrus-Tux, dieu de l’Élo- quence et des Richesses. Hux-anau. — Voy. Hun- bau. Hux-aAPu-uTIU, aïeul de la Lune; divinité yucatèque. C’est également une des uatre grandes divinités . laneienne religion des Nahua, parfois identifiée avec Cuculkan. HUN-AHPU-VUCcH, aïeul du Soleil; divinité yucatèque II 78 CODEX PERESIANUS. au long nez. Hun-abpu est également le nom d’un héros nahua représenté par le xx signe dans le calendrier quiché. Il part de la ville de Ulatlan, capitale des Quichés. — Voy., dans ce volume, p. 66, et au nom Vukub-Cakix. Hux-Avan, divinité guatéma- lienne. — Voy. Hun- chevan. HUN-BATZ, divinité quiché, protectrice des Beaux-Arts; onzième signe des calen- driers Quiché, Tzendal et Cakchiquel (Oxomatli du calendrier mexicain). Cette divinité fut changée en singe par le dieu Hun- abpu. HUN-CHEVAN, divinité guaté- malienne qui créa le monde avec la permission de son père Xchmel et de sa mère Xtmana, et avec le con- cours de son frère Hun- avan. HUN-CHUEN, divinité quiché protectrice des Beaux-Arts; frère de Hun-batz. — Le caractère C3 chuen du calendrier maya répondrait, suivant Brasseur, au nom de ce dieu, qu’il identifie avec le Pilfzinteuctli des Mexicains. HUX - CHUN - CHAN, divinité guerrière des: Itzaëques, qui présidait aux Sacrifices et rendait des oracles. Hux-Hau ou Hux-aHau « Le Dieu unique », divinité su- prême du monde infernal. Hux-HuN-AHPU, fils de Xmu- cané, héros guatémalien qui combattit les souve- rains de Xibalba et porta la guerre dans la région de Palenqué. — Voy. Xmucané. HuN-PIC-TOK « huit mille lances » dieu de la Guerre dontle temple existe encore à [zamal. Hux-rou, divinité quiché de l'Orage et de Îa Pluie, créatrice du Feu. — Voy. Tobil. Huxas-Kku « le Dieu Uni- que», divinité principale des Mayas ; assimilé au dieu Kinich-ahau ou Kinch- abau « Œïil du Soleil » (et par une faute d'orthographe Kine-habau). — Ce Dieu, réputé incorporel, n’était l’objet d’aucune image (Voy. Cogolludo, Historia de Yucatan, lib. 1v, ch. 6). Lesautres divinités, durant la période ancienne de la religion yucatèque. étaient placées à une telle distance de Hunab-ku que l’on peut considérer cette période comme caractérisée par une sorte de monothéisme dont nous ne connaissons as d’ailleurs la nature et h portée. Le dieu Kinicl. GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 49 abau, lui aussi, semble ap- vingt héros chiapanèques, partenir à une époque de considéré comme le pre- monothéisme postérieure mier ancêtre des Indiens, ou parallèle à celle de ayant pour symbole ou Hunab-ku. — Voy. Kinch- . pour représentation l’arbre ahau. sacré appelé ceiba. Iden- Huxa-rez « le Porteur de tifié avec Cipacth. grands testicules », sui- IrzA-MAT-UL, lun des noms vant l’abbé Brasseur; hé- du dieu Zfxamn. ros antique, HurakaN, dieu du Ciel, du Tonnerre et de la Tem- pête, chez les Quichés ; dieu - serpent, autrement ITZAMNA. — Zamnd. ITZEN-KAAN, l’un des noms du dieu Jxamna. IrzEN-Mu-YAL, l’un des noms appelé Tohil et invoqué du dieu J/xagmnt. comme créateur du monde Ix-AZALUOH, déesse du Tis- par Kukulcau. Il avait pour sige, épouse du grand messager et pour oiseau dieu Kinch-ahau (Cogoll.). symbolique le vo, sorte d’épervier (ou de vautour) qui dévore les serpents (Voy. Codex de Dresde, Ix-CHEBEL-YAX, déesse de la PÉRoMREtemnnel p'. © Broderie en fils de couleurs XXXVI). RER et des tissus de plumes. IX-BUNIÉ, nom d’une an- cienne déesse yucatèque mentionnée par Landa. Ix-cHEL, déesse des Accou- x chements. On avait l’ha- bitude de se sa statue on sous le lit des femmes en IG 08 Ir «1e Soufle », . mal d’enfant, Identifiée po ie fl ‘a avec Cinbsates ou Quit- CR PR bolon-tun. Elle était parti- Mexicains), représenté par culiérement adorée dans la FAN petite Isla Mujeres, ainsi le QUERre 2 nommée à cause du culte le calendrier yucatèque. de cette déesse. Icx, l’un des vingt héros de Ix-KAN-LEOX, la Mère des la mythologie tan) dieux; déesse qu'on attri- — Voy. Îk. bue pour épouse à Zamnd. Ik, divinité adorée par le Ix-mor, déesse protectrice peuple de Istlavacan. des petits Enfants. Imox, le Serpent, l’un des Ix-quic « la Femme-Sang » 80 CODEX PERESIANUS. épouse de Hun-bun-ahpu. Le mof ix, qui figure dans ce nom (maya : ix) désigne cune femelle». — Voy. Xquiq. Ix-ras «la Femeïle de la corde »,déesse des Suicides. IzONA, le grand-père, pre- mière personne de la Tri- nité yucatéque mentionnée par Las Casas. — Voy. Bacab (trinité des). J Jucur, le dieu Mauvais, seigneur de la Terre, op- posé, chez les Quichés, au dieu ÆAïj. On lui sacrifiait des enfants dont on arra- chait le cœur pour le dé- poser sur une pierre placée devant sa statue. K KaB-uL «la Main opératrice», suivant Lizana; l’un des noms du dicu Zamnd. Kak-U-PACAT, dieu de la Guerre. KAN-PAUAH-TUN, l’un des quatre Bacab, dieux des Quatre points cardinaux ; le même que Hobmil. — Voy. ce nom. Kax-X18-cHAC, l’un dés quatre Bacab,lemême que Hobnib. — Voy. ce nom. Ÿ KANAL-ACAN-TUN, idole maya qu'on enduisait du sang des victimes. KaxaL-BacaB, l’un des dieux des quatre points cardi- naux, auquel on affectait gm kan (Sud) Kaxiz, divinité adorée par le peuple de Istlavacan. KAN-uayEyAB, idolé yuca- tèque se rattachantau culte des quatre dieux Bacab. On en fabriquait la statue en terre dans les années kan. le signe KiINCH-AHAU « le seigneur Œil du Soleil», grand Dieu de la mythologie yucatèque, identifié avec Jf;amna. — Le dieu de l'Est, suivant Landa, se nommaït Kimich- abau. Il est figuré sous la forme d’un personnage ve x accroupi ayant un grand œil en guise de tête, et se trouve à côte du group= lakin que jai interprêté par « Orient », et auquel mes nouvelles études m’en- gagent à maintenir cette Valeur (Cf. Codex Troano, p.25", et ma PLANCHE D, GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 81 dans le présent volume. KINICH-AHAU. Voy. Kinch- abau. KinicH-KAKk-Mo «l’Ara de feu, Œil du Soleil» ; grande divinité yucatèque, adorée principalement à Izamal. K1y, le dieu Bon, seigneur de la lumière, opposé au dieu Julup, chez les Quichés. — Voy. ce nom. KukuLcan «le Serpent à plumes de quetzal»; le même que le Quetxalcoatl des Mexicains-Toltèques et que le Gucumatx des In- diens Quichès. Quelques auteurs pensent qu’on doit identifier Kukulcan avec Zamnä. La tradition rap- porte que la cour du pre- mier fut établie d’abord à Chichen-Itza, ensuite à Mayapan, tandis que celle du second se trouvait à Izamal; mais le nom même de Chichen-ltza semble favoriser la théorie de l’as- similation des deux per- sonnages.(Voy. mon étude sur le Mythe de Quetxal- coatl). EL LamBaT, un des vingt héros de la mythologie chiapa- 30 uèque (maya : fofo) lamat. ) M MacaT «le daim», divinité du Nicaragua. Ma « l’Aïeul » ; désignation du dieu ou héros symbo- lisé par le signe Imox. — Voy. ce nom. Masaya, déesse des Volcans, au Nicaragua. Mazar. — Voy. Macat. MIQUETANTEOT, divinité In- fernale, au Nicaragua; la même que Mictlantecutli des Mexicains. Mixcoa, dieu des Marchands, au Nicaragua. Mozo, l’un des vingt héros primitifs des Chiapanèques. Mozruzec, le dieu des Jours néfastes, Mox. — Voy. Imox. Mox-1c, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. Muiu. — Voy. Molo. P Paca, dieu et sorcier, chez les Quichés. Paxok, dieu des Combats, chez les Itzaëques. PrzuimTec, dieu de la Poésie. Probablement le même que 4h-kin-x6c. 82 CODEX PERESIANUS. ©. QasauiL, Dieu, chez les Qui- chés. Quia-TEOT, dieu de la Pluie et de l’Orage, au Nicaragua, assimilé au Tlaloc des Me- xICains. QuiT-BOLON-TUN. — Voy. Cit-bolon-tun. LE Tagaï, dieu de la Chasse. TamacazTOBAL, ange de la religion du Nicaragua,d’un caractère douteux. TAMAGOSTAT (nom écrit Fama- goxtad par Brasseur et par Squier), lun des dieux créateurs du Ciel et de la Terre chez les Nicaraguans, identifiés par Müller, avec le Fomagata ou divinité Solaire des Muyscas (Amé- rique du Sud). TaAmMaoTEO ou Tamaoteot, grand dieu du Nicaragua. TARACAZCATI, ange de la re- ligion du Nicaragua, d’un caractère douteux. Teosar,idoles du Nicaragua. TEOBILCHÉ, fils du grand dieu Tamaoleo, au Nicara- gua; rattaché à un mythe d'origine chrétienne. TEOT (mexicain : Teotl) «les dieux», chez les Nicara- guans. TEPEU, dieu Quiché, parfois confondu avec Gucumafx ; le dieu de la Syphilis. Ce nom n’est rien autre qu’une désignation honorifique. TipoTaAnI, grand dieu des Nicaraguans. Ton. — Voy. Tobil. Touiz, le principal dieu des Quichés, était représenté, dans le calendrier, au neu- vième jour, par le signe de l'Eau (mexicain : all); identifié avec Gucu- matx Votan ou Akbal (signe cyclique Tox, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. Tzrmix-cHac, dieu du Ton- nerre chez les Itzaëques. Tziquix, l’un des vingt héros divinisés de la mythologie chiapanèque. TZOTIHA-CHAMALCAN, grand dieu des Cakchiquels. v VoTaN, lun des vingt chefs qui arrivérent de l’ouest civiliser les Quichés. On l’a identifié avec Zamma, bien que son rôle civilisateur semble avoir eu surtout pour centre d'évolution le GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 83 pays de Chiapas. Comme Zamnà, il fut tout à la fois roi, législateur et prêtre. Son nom figure le troi- sième parmi ceux des vingt jours du calendrier chiapanèque. Votan serait parti d’un endroit appelé Valum-Votan, où Ordoñez voit l’île de Cuba ; il alla ensuite à la demeure des Treize-Serpents, que le même auteur considère comme une appellation américaine des îles Cana- ries (??). Comme il appar- tenait à la race des Chan ou Serpents, la légende le fait disparaître à la fin dans un trou de serpent qui traversait la terre de part en part et atteignait jus- qu'à la limite du ciel. Suivant Lorenzo de Bien- venida, Votan aurait été le père de Zamnd. (Voy. ce nom). Vuxus Canix « les Sept per- roquets »; nom d’une di- vinité quiché, x XBAKIYALO, — Voy. Xba- quiyalo. XBALANQUÉ<« le petit Tigre »; divinité quiché, qu’on fait venir d’Uflatlan. Après sa mort, il ressuscite sous la forme dun « homme- poisson ». Ilmétamorphosa ses frères en singes. XBAQUIYALO où Xbakiyalo, grande déesse Quiché, épouse de Hun-bun-ahpu,et mère de Hun-balz et de Hun-chuen. XCHMEL, grand dieu guaté- malien, qui existait avant la création du monde. Il avait pour épouse X#mana (Garcia, Origen de los In- dios, p. 329). X1BALBA « la Taupe mâle », le mauvais Esprit, chez les Quichés. X1B-CHAC. — Voy. Chac xib- chac. XPIYACOC, autre nom du dieu guatémalien Hun-abpu- vuch. XMUCAXE, autre nom de la divinitéguatémalienne Hun abpu-utiu. XNuC «la Vieille femme » ; nom de l’ancienne déesse de la Terre. Brasseur li- dentifie avec la X#mucané des Quichés et avec l’Oxo- moco des Mexicains. XocsiTumM, dieu dela Musi- que, protecteur du Chant. Xaura ou {x-quic «la Femme- Sang » devient enceinte en recevant un crachat que lui jette Hunbun-Ahpu et donne le jour à deux ju- meaux Hun-Ahpu et Xba- lanquë. — Voyÿ. ces noms. XTMANA, déesse guatéma- lienne, épouse du dieu Xchmel. — Voy. ce nom. co re Y YAx-cHÉ, l’Arbre de la vie céleste (El ärbol de la vida celestial, (Lanp). — Re- présenté dans les textes par l’image de la viri- lité. — (Voy. mon Voca- bulaire de l'écriture bhiéra- tique). Yax-coc AHMUT, un des noms de Zamnd. Z% Zacaz-BacaB, l’un des dieux des Quatre points cardi- naux auquel était affecté le Sun ik (Nord). Le dieu du Nord, comme je l'ai dit plus haut, avait pour symbole caractéris- tique le signe K& de l'empreinte du pied. On peut en trouver la repré- sentation dans le Codex de +: Dresde (édit. Fœrstemann, pp. XXvIT et xxvIIT) où l’on voit une. scène qui con- corde avec les cérémonies que décrit Landa pour les sacrifices des annéés 1x (Llegados sahumavan la imagen como lo solian hazer, y degollavan la gal- lina.… etc.). —Voy. Bacab. Zac-PAUAH-TUN, l’un des dieux CODEX PERESIANUS. des Quatre points cardi- naux, le même que Zakal- Bakab. — Voy. ce nom. Zac-z1B8-cHac ou Zac-Xib- Chac (?)l'un des dieux des Quatre points cardinaux, le même que Zacal-Bacab. — Voy. cé nom. Zac-zix1, l’un des dieux des Quatre points cardinaux, le même que Zakal-Bacab. — Voy. ce nom. ZAKI-NIMAK, divinité quiché. ZAKI-NIMA-TSYIZ, divinité quiché. ZAMNA, personnage mythique auquel on attribue la pre- miére civilisation du Yuca- tan. Il est également ap- pelé JZixamna. Les Indi- gènes l’adoraient comme un Dieu (le Ilamaban tambien Ytzamnä, y le adoraban por Dios). La tradition rapporte qu’il était venu des pays occi- dentaux en compagnie de plusieurs chefs, parmi lesquels quelques - uns croient que se trouvait Votan (Voy. ce nom). Quand on lui demandait comment il s'appelait, il répondait Yfxen-caan, Ytxen- muyal. Parmi les nom- breuses inventions dont on lui fait honneur, on cite surtout l’écriture hiérogly- phique ou katounique. Tout à la fois roi, législa- teur et pontife, les Indiens en :nt Et le Fils du Soleil. GLOSSAIRE DES DIVINITÉS. 85 Quelques américanistes le confondent avec Cuculkan, ce qui n’est pas impossible ; mais c’est très à tort, je pense, qu'on l’a identifié avec le dieu antique Kinich- Kak-mo. Zamna passe pour le fondateur de l’empire yucatèque, dont il aurait édifié les principales villes, notamment Maya-pan « é- tendard » ou « capitale des Mayas ». Il a donné son nom au peuple Itzaèque, et est mort après de lon- gues années de règne. Quelques auteurs rappor- tent que sur sa tombe a été élevée la ville de Izamal ou Jfxamalt-ul, devenue par la suite un lieu célébre de pélerinage; d’autres savants attribuent la fonda- tion d’Izamal à Zamna lui- même et prétendent qu’il y établit sa cour. (Voy. Carillo y Ancona, Historia antigua de Yucalan, p. 143). ZipacNa, divinité quiché, fils aîné de Vukub-Cakix, frère de Cabrakan. En une nuit, il fit sortir de terre les volcans du Guatémala. CODEX PERESIANUS, Symbole des Tremble- ments de terre. — Voy. Cabrakan. ZuHUY-kAK «la Vierge du Feu », déesse protectrice des Vestales yucatèques, fille du grand dieu Kinich- ahau. Autour de ses autels, on avait sculpté des phal- lus gigantesques. (En el fondo del patio de las ves- tales, lo presenta en una variedad de posturas, de las que, sin embargo, nin- guna es obscena). Le cou- vent des anciennes vestales yucatèques, dont il reste encore des ruines très re- marquables, est désigné sous le nom de Casa de las Monjas. (Hæc monu- menta ex undecim phallis constant, omnibus plus minusve fractis, undique dispersis, atque solo se- miobrutis, duorum circiter vel trium pedum mensu- ram habentibus, D. Justo Sierra). Zunuy-ziB, divinité de Ja Chasse et des Forêts. ZiprTaBaï, dieu de la Chasse et des Forêts. 12 L 2 =. * Le ne 2 PAS ue, Dé AO BR" 12, 7 tr “v? 1 PAOUETN #! CAOUT LORS AN DE ESA ETES N°7 CRE PANNE Lei ! LL ET MIN PION t ON A , 1 , 1S : ie | s : ER | # 4 j  J ” cs » $ ô 4 » Èx . À TS L/ nt É : t hs Ve NET “ 24 ES À L k É L3 ET f . * \ f ' f € D CE ; £ 1 à A TRE w | due æ oo | UT 3 “miel TE LIT Suit A Cm. Û ads $ £ AS PTE j AUTEE RE RES 4h { PE " A 47: TUE ee M7 JE RU) à + P six 26 = 4x N à ja ec AY LA tr 14 te na Us: | sr HA yat el € » # A 1% 1 Ms UESENd RAI Rés MU ff A Net Rene JE ee I RSS PIN PRES Tu! Al er HN SM NE CAE ANNE he e aps % LA air ve hi A St7È nee uit. Lo] LT Vois ss 143 se . "4e vi ; 1 à it À * “ut LOU A ARNO ES TAPER “ EPS se. ne ÿ ÉONEONT PM MOMIE INUTE sis +. ++ : Ur + ni * MO VA LR Me tite ist it 1 06 13 ÿ 6n &: RAS à ELA rŸ. ï WL: h Aa tt « #3 è Le subdus Pn Var ot RE Er. ern ANAL Are ee | has! HQE 4 Et ‘as £ il ae tai: PES 1 CC Ze = = er ». = _* Le CAT nl REA e aide KT NX @ ENNTE LE Rider LR | mn meme ee Van rie sp mie sn ce 4 LE with Uri .h Re 7 % re" 48 rot NAT SAT ANSE ta LAS fe 4 D PAL ASE ha das Pr S * Fà e “ _ NY F es - 1 Le: «i ñ LUN ei, 2161807 4 pi NE CU CET FA £ ÿ ni ht # Pre AY IL EME 4” (ie ML PEAR FA (fi , 4 | MOST à LE Dpt K 150 "rs +, J'. "75 ; Ÿ \ DE QU HE Y'Y'rI SN" tee UT SUR" se wæ DR A2 (à ARR FER ‘Mr. PIQUE Al 0 T! | TS 28 # ' % : , US A 7 « ” - o r L L'ORU È us - - : ’ n 1 LE 1 e +4 ' JAN LE PUBLICATIONS DE M. LÉON DE ROSNTY SUR L’'ARCHÉOLOGIE AMÉRICAINE ET la Paléographie Y'ucatèque ARCHIVES PALÉOGRAPHIQUES DE L'ORIENT ET DE L'AMÉRIQUE, publiées avec des notices historiques. — Tome 1er. Paris, 1872. — Un vol. in-8, et un vol. d’Atlas de 156 planches en noir et en couleurs. On trouve, dans ce volume, parmi les articles consacrés à l’Archéo- logie américaine : - Note sur une inscription inédite du Yucatan. Explication du manuscrit mexicain dit : Codeæ Telleriano-Remensis. Le Codex Yucatèque de la Bibliothèque Nationale de Paris, etc. The author, M. Léon de Rosny, professor of Japanese at the Paris École des Langues Orientales, has long since establi- 88 CODEX PÉRESIANUS. * shed his reputation as one of the best Oriental scholars of the day. We have... besides a number of texts translated and commented upon, which make of the book we have just been reviewing an admirable guide to those who wish to study the science so thoroughly discussed by M. de Rosny ». (School Board Chronicle, 18 novembre 1871). ESSAI SUR LE DÉCHIFFREMENT DE L'ÉCRITURE HIÉRATIQUE DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. Paris, 1876. — In-fol., avec 19 planches en noir et en couleurs. x « M. Léon de Rosny a repris à nouveau l'étude de ces textes; il l’a fait avec autant de sagacité que de prudence. Son Mémoire inspire la plus grande confiance. » (Adr. de LONGPÉRIER, présentation de l'ouvrage à l’Institut, Journal Officiel du 3 janvier 1877). « Si la prudence et l'esprit de critique que M. de KR. a montré jusqu’à présent ne se démentent pas avant la fin du Mémoire, on peut compter que le problème des écritures mayas n’est pas loin de recevoir un commencement de solu- tion satisfaisante. » (MASPERO, Revue Critique, du 23 mars 1878). » Sie beherrschen das Material und alles was damit in Verbindung steht, und was bisher darüber gesagt und .verhan- delt worden ist, vollstændig, und gehen mit so viel gesunder Kritik und Vorsicht bei der Sichtung des früher Geleisteten und der Aufstellung Ihrer eigenen Ergebnisse zu Werke, dasz ich nicht wüsste wie man auf einem anderen Wege zu einer moœpglichst soliden Basis gelangen sollte. » (Lettre de M. le professeur LEPSIUS, de Berlin, 7 avril 1878). PUBLICATIONS AMÉRICAINES DE M. LÉON DE ROSNY. 89 « The subject is full of difficulties, and the prospect of à complete success, such as had rewarded the labours of Cham- pollion or Burnouf, is very distant. Still, if any success can be obtained, it is only by the method you have adopted, and [ still hope that your endeavours may be rewarded as they certainly deserve to be ». (Lettre de M. MAX MULLER, Oxford, 23 juillet 1882). « Cet ouvrage, qui a nécessité des recherches longues et évidemment fort pénibles, se trouve terminé. Si nous comptions encore parmi nous notre si regretté confrère M. Adrien de Longpérier, c’est lui qui présenterait la fin de ce travail dont il a plusieurs fois entretenu l’Académie et auquel il attachait une importance exceptionnelle ». (D'HERVEY DE SAINT-DENYS, de l’Institut, présen- tation à l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, dans les Comptes-rendus, 1882. p. 451). « Vous avez frayé de nouveaux chemins ». (Lettre de M. Carl SCHULTZ SELLACK, de Berlin, 13 octobre 1888). « Professor de Rosny has collected many facts which throw a side light on the questions he discusses. He points out that the signs are to be read from left to right; he distinguishes the signs of the cardinal points, although it is doubtful whether he assigns to each its correct value. He has also offered strong evidence to fix the phonetic value of some characters. Altogether, his work ranks as the most thorough and fruitful which has heretofore been done in this field. » (Study of the Manuscript Troano, by Cyrus Thomas. Introduction de M. Daniel BRIN ON, Washington, 1883). 90 . CODEX PERESIANUS. « M. Léon de Rosny ha establecido por primera vez, sobre bases solidas la ciencia de desciframiento de la escritura sagrada de los antiguos Yucatecos.. Esta obra, de una impor- tancia considerable ha sido traducida por el eminénte director del Museo arqueologico de Madrid, D. Juan de Dios de la Rada y Delgado. » (Revista de Merida, Yucatan, 9 juin 1883). .…… Les caractères qui représentent des figures humaines y ont tous le profil tourné vers la gauche ce qui, suivant l'obser- vation absolument exacte de M. de Rosny, détermine d’une façon formelle le sens dans lequel les textes doivent être lus. A. POUSSE, Le Codex Peresianus. TRADUCTION ESPAGNOLE Ensayo sobre la interpretacion de la escritura hierâtica de la América Central. Traduccion anotada y precedida de un prôlogo, por D. Juan de Dios DE LA Rapa x DEccano. Madrid, 1881. — In-fol., avec 19 planches en noir et en couleurs. Conex CorTESIANUS. Manuscrit hiératique des anciens Indiens de l'Amérique Centrale, conservé au Musée Archéologique de Madrid, photographié pour la pre- mière fois avec une introduction et un Vocabulaire de l'écriture hiératique yucatèque. Paris, 1883.— Un vol. in-4°, avec 42 planches lithographiées. « Turning to France, the first place must be assigned to the laborious and fruitful investigations of Prof. Léon de Rosny.» - Henry PHILLIPS Jr, secrétaire de la Société des Anti- quaires de Philadelphie (Etats-Unis.) PUBLICATIONS AMÉRICAINES DE M. LÉON DE ROSNY. 91 « M. Léon de Rosny a résolu, de façon à n’y plus revenir, la question de savoir dans quel sens doit s’effectuer la lecture; il a éta- bli quelle est la nature des caractères, leur mode de composition ; ila donné la valeur certaine d’un grand nombre de variantes graphiques et celle d’une série de signes nouveaux ; la valeur probable d’un nombre non moins considérable d’autres carac- tères ; enfin, il a abordé la discussion de plusieurs phrases ou fragments de phrases yucatèques. Le succès n’a pas failli à ce qu’il devait être : la méthode a eu ses prosélytes parmi les sa- vants américanistes. « Il n’y a plus à douter que la paléographie yucatèque ne soit entrée enfin dans la voie lente, mais sûre, qui doit la conduire au succés. » (A. CASTAING, ancien président de la Société Amé- caine de France). « D’après l’examen de ce document, que M. Léon de Rosny a publié, en 1883, avec beaucoup de luxe, il n’y a plus de doute à avoir sur la disposition des caractères yucatèques..….… Je ne crois pas qu’on puisse attaquer sa méthode qui consiste à marcher pas à pas, en passant du connu à l'inconnu, et en acceptant pour vrai ce qui est clairement démontré. MM. Cy- rus Thomas, Brinton, Ch. Rau et Fœærsteman partagent l’opinion de M. Léon de Rosny. ». (Rémi SIMÉON, éditeur de la Grammaine Mexicaine d’'Olmos, dans l’Introduction à son Dictionnaire de la langue Nahualf). - \ € On restera sur un terrain solide dont naguère en- core se sont éloignés tant d'hommes de valeur, avant que M. 92 CODEX PERESIANUS. de Rosny, ne vint renouveler les études américaines en leur donnant un caractère vraiment scientifique. ». Paul PERRIN, dans les Archives de la Société Américaine de France, 1887, p. 91. LES DOCUMENTS ÉCRITS DE L'ANTIQUITÉ AMÉRICAINE. Comple- rendu d’une mission scientifique en Espagne et en Portugal (1880). Accompagné d'une Carte géographique Aztèque en chromolithographie et de 19 planches hélio- gravées sur les photographies de l’auteur. Paris, 1882. — In-4. « La méthode de déchiffrement de M. de Rosny, que M. de Longpérier qualifiait d'excellente, exclut toute tentative hasardée. Les résultats, quoique lents, sont cependant dignes de toute la sollicitude du monde savant. La publication du monu- ment de Bernoulli augmente nos moyens d’investigations paléographiques ; elle sera, avec le Codex Peresianus que donnera bientôt M. de Rosny, au nombre des productions les plus importantes de l’américanisme contemporain ». . (OPPERT, de l’Institut, dans les Comples-rendus de l'Académie des Inscriptions ei Belles-Lettres, 1882, p. 157). « I have reserved for myself the pleasure of presenting you a copy of my work (The North Americans of Antiquity) as a slight recognition of the debt I and every americanist owe to you for your invaluable services to the cause of American research. ». (Lettres de M. John T. SHORT. Colombus, 28 fc- vrier 1880). » Je n’ignore pas qu'il y a parmi les américanistes des dilettanti qui font tort à la science, et je sais aussi qu’en ce quiconcerne PUBLICATIONS AMÉRICAINES DE M. LÉON DE ROSNY. 93 le déchiffrement des signes graphiques américains, vous êtes le seul en France qui suivez une voie scientifique ». (Lettre de M. le chanoine C. de HARLEZ, de Louvain, 13 février 1882). « Tous ceux qui s'intéressent au monument de Bernoulli se réjouissent de le voir publié d’une manière si parfaite et vous félicitent de re optime gesta » .... Vous avez la satisfac- tion d’avoir fait une chose très-utile et d’avoir rendu un ser- vice remarquable à la science ». (Lettre du Dr Louis SIEBER, directeur de la Biblio- thèque Nationale de Bâle, 7 juin 1882). « Je vous félicite de la manière vraiment excellente dont les photographies du bas-relief de mon frère ont réussi ». (Lettre du D: J.-J. Bernoulli, Bâle, 4 juin 1882). « À mon opinion, vous avez déjà obtenu de grands résultats, et votre dernière publication sur votre mission scientifique en Espagne et en Portugal en donne une nouvelle preuve. » (Lettre de M. Hermann STREBEL. Hambourg, 16 octobre 1882). AS L'Interprétation des anciens textes mayas, suivie d’un aperçu de la Grammaire Maya, d’un choix de Textes originaux et d’un Vocabulaire. Paris, 1875. — In-8. (Extrait des Archives de la Société Américaine de France, seconde série, t: 1). Mémoire sur la numération dans la langue et dans l'écriture sacrée des anciens Mayas. Nancy, 1875. — In-8. Extrait des Mémoires du Congrès international des Aiméricanistes, pre. mière session, t.I.). CODEX FERESIANUS, 13 94 CODEX PERESIANUS. Des sources de l'Histoire anté-colombienne du Nouveau-Monde. Paris, 1887.— In-8. (Extrait de la Revue Orientale et Améri- caine, seconde série, t. [.). La Pierre de Baud-Leemans. Un monument de l'écriture hiéro- glyphique linéaire de l'Amérique Centrale. Paris, 1877. — Iu-8, avec planches (Extrait de la Revue Orientale et «Américaine, seconde série, t. Il). Le Codex Troano et l’écriture hiératique de l’Amérique Centrale. Paris, 1878. — In-8, avec 3 planches. (Extrait de la Revue Orientale et Américaine, seconde série, t. IT). De la formation des mots dans l'écriture hiératique du Yucatan, Paris, 1878. — In-8. (Extrait des Actes de la Société Américaine de France). Sur un petit monument Péruvien, communiqué par M. Jimenez de la Espada. Paris, 1880. (Dans les Comptes-rendus de l'Académie des Inscriptions et ‘Belles-Lettres, t. VII). st À + _E À £ LS TRS [et] à D. _& & x pe x + oO. O O a EE LL œ Ë =. Lu O _ Q De *< x Lu sn VE ÿ ï do A L'IMPRIMERIE DE EUGÈNE DANGU 5% © A SAINT-VALERY-EN-CAUX | q * à ROLE UN UN PRRES . à. " dE LES (ris FRA roi Lu" = DCS ; L PNANT à 94 5 Fee QU hi ju UE RAtnIf We: ï | © fé | | h UOYEA CE anale 4 pe ne ii :! : ess NE Mn nl AU 0 CR Le k 4& LAN 443: Late é Boston Public Library Central Library, Copley Square Division of Reference and Research Services The Date Due Card in the pocket indi- cates the date on or before which this book should be returned to the Library. not remove cards from this (Mar;:, 1890, 20,000) BOSTON PUBLIC LIBRARY. One vu e allowed at a time, and obtained only by f s in the e offiction and juv û 1ed within one year) without fine ; not to be renewed; toëbé reclaimed by messenger after 21 wbo will collect 20 &eñts.besides fine of 2 cents a day, ing Sundays and holidäys ;snot to be lent out of the ousehold, and not to “bestransferred ; to be re- turned at this Hall. s finding this book-mutilated'orunWarrantably defaced, are expected to rt it; and also any undue delay in the delivery of boo : *,X claim can be established because of the failure of ar y, through the mail, he record below must not be made or altered by borrower,